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Jardin d'ornement et aménagement paysager

Arbustes et haies : le guide complet

Sylvain Mercier
Sylvain Mercier, Rédacteur jardin d'ornement
Publié le 18 juillet 2026 · Mis à jour le 19 octobre 2026 · 18 min de lecture
Arbustes et haies : le guide complet
L'essentiel

Pour choisir tes arbustes et ta haie, décide d’abord du rôle que tu veux lui donner, puis vérifie la lumière, le sol, la rusticité et la dimension adulte avant de planter. C’est important parce que l’essentiel du résultat se joue avant la mise en terre et que tu évites ainsi des erreurs de plantation et des tailles répétées.

Les différents types d’arbustes pour haies

Ta haie ne se résume pas à une rangée de plants alignés : selon les espèces que tu choisis, elle peut couper les regards toute l’année, exploser de fleurs au printemps, retenir les feuilles mortes en hiver ou décourager un visiteur trop curieux. Avant de sortir la bêche, décide donc du rôle que tu veux lui donner. Voici les quatre grandes familles d’arbustes et haies entre lesquelles tu vas devoir arbitrer.

Haies persistantes : le vert toute l’année

Le feuillage ne tombe pas, la haie reste opaque même en janvier — pratique en ville ou en bord de rue.

  • Laurier-cerise (Prunus laurocerasus) : croissance rapide, 40 à 60 cm par an, feuilles larges et brillantes qui supportent l’ombre. Compte deux tailles par an, en juin puis en septembre, sinon il dépasse vite 2 m de large. Ses baies sont toxiques : garde-le hors de portée des jeunes enfants.
  • Thuya (Thuja occidentalis) : 20 à 30 cm par an, port très compact et coupe nette. Il tolère le calcaire mais redoute les étés secs (araignées rouges) ; un arrosage copieux la première année limite les dégâts. Compte 3 à 6 € le plant en conteneur.
  • Photinia : ses jeunes pousses rouges au printemps font tout son charme, avec 30 à 50 cm de croissance annuelle. Il veut un sol drainé et non calcaire. Une taille en mars puis une en juillet relancent la coloration.

Haies caduques : la légèreté au fil des saisons

Elles perdent leurs feuilles, mais offrent un feuillage plus fin, plus souple, et souvent un meilleur compromis écologique.

  • Charme (Carpinus betulus) : il conserve ses feuilles sèches une partie de l’hiver (marcescence) et pousse de 30 à 40 cm par an. Planté en racines nues de novembre à mars tous les 60 à 80 cm, il revient à 2 à 4 € le pied. C’est le champion des sols argileux.
  • Hêtre : même principe, feuillage brun cuivré très décoratif en hiver, mais il exige un sol drainé et pas trop lourd.
  • Lilas : haie libre plutôt que taillée, 2 à 3 m de haut, floraison parfumée en avril-mai. Taille juste après la floraison, sinon tu sacrifies les fleurs de l’année suivante. Prévois 1,5 m d’espace.

Haies fleuries : le spectacle du printemps

  • Forsythia : jaune vif en mars-avril, 2 à 3 m, à tailler après floraison uniquement.
  • Weigela : rose ou rouge de mai à juin, 1,5 à 2 m, avec parfois une remontée en septembre.
  • Spirée : blanc ou rose en juin-juillet. Tous les deux à trois ans, rabats un tiers des vieilles branches pour rajeunir la souche.

Haies défensives : la discrétion en plus

  • Aubépine : épines de 1 à 2 cm, croissance de 20 à 30 cm par an, plant en racines nues à 1,50-3 € l’unité. Elle accepte tous les sols et nourrit les oiseaux de ses cenelles.
  • Pyracantha : épines redoutables et baies orange à rouge de l’automne à l’hiver. Sensible au feu bactérien : désinfecte ton sécateur entre deux pieds.
  • Houx : feuilles piquantes, croissance lente (10 à 15 cm par an) et ombre tolérée. Attention, l’espèce est dioïque : sans pied mâle à proximité, pas de baies rouges.

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Comment choisir ses arbustes selon l’exposition et le sol

Lis ton terrain avant de courir en pépinière

Pour tes arbustes et haies, le bon choix commence par une observation simple : note l’ensoleillement réel de ton terrain et prélève une poignée de terre. Tu éviteras ainsi 80 % des erreurs de plantation, surtout sur une haie que tu ne veux pas remplacer trois ans plus tard.

Lumière : plein soleil, mi-ombre, ombre

Compte les heures de soleil direct en été, entre 10 h et 16 h.

  • Plein soleil : 6 h ou plus. Oriente-toi vers la lavande, le romarin, le ciste, le buddleia ou le genêt. Ils supportent la chaleur et un sol drainant.
  • Mi-ombre : 3 à 6 h de soleil, ou une lumière filtrée. Pense à l’hortensia, au fusain, au cornouiller ou à la viorne.
  • Ombre : moins de 3 h de soleil direct. Choisis l’aucuba, le houx, le fusain du Japon ou le mahonia. Garde en tête que l’ombre sèche moins vite : adapte l’arrosage et évite les espèces de plein cagnard.

Sol : argile, sable, calcaire, acide

Tu peux tester grossièrement ton sol : humide, une terre argileuse forme un boudin souple ; sableuse, elle s’effrite entre les doigts ; calcaire, elle mousse avec quelques gouttes de vinaigre. Un kit pH coûte souvent 10 à 15 € et te donne une indication utile.

  • Argileux : lourd, humide en hiver, craquelé en été. Améliore avec du compost et du sable grossier ; plante cornouiller, sureau ou viorne.
  • Sableux : drainant, léger, sec vite. Apporte de la matière organique ; choisis lavande, ciste, romarin ou genêt.
  • Calcaire : pH souvent supérieur à 7,5, risque de chlorose. Buddleia, lilas, troène et cornouiller s’y plaisent mieux que camélia ou hortensia.
  • Acide : pH inférieur à 6,5. Camélia, rhododendron, hortensia, pieris et érable du Japon y trouvent leur compte.

Rusticité : anticipe les gelées

Vérifie la zone de rusticité et la température minimale supportée par l’arbuste. En France, selon les régions, tu passes grosso modo de la zone 7 à la zone 10. Un laurier-rose peut souffrir dès -5 à -8 °C, alors qu’un houx ou un cornouiller encaissent souvent -15 à -20 °C. Regarde aussi ton microclimat : un mur au sud ou un fond de vallée change tout.

Dimension adulte : la marge qui évite les tailles

Lis l’étiquette : hauteur et largeur à 10 ans. Pour une haie de 1,50 m, évite un arbuste qui monte à 3 m et s’étale sur 2 m si tu ne veux pas tailler deux fois par an. Plante tous les 80 à 100 cm pour des sujets vigoureux, 60 à 80 cm pour des variétés compactes. Garde enfin 50 cm à 1 m entre la haie et une clôture ou une façade : tu faciliteras l’entretien et tu limiteras les tailles fréquentes.

Planter une haie d’arbustes : étapes et bonnes pratiques

Planter une haie ne s’improvise pas : l’essentiel du résultat se joue dans les jours qui précèdent la mise en terre. Un sol bien préparé, des distances justes et deux ou trois gestes bien exécutés font la différence entre des arbustes qui s’installent en quelques mois et d’autres qui végètent deux saisons.

Préparer le sol avant tout le reste

Commence par un désherbage sérieux, car chiendent, liseron et chardons concurrencent les jeunes plants pour l’eau et l’azote. Arrache les racines à la fourche-bêche plutôt qu’au glyphosate. Si la pression est forte, couvre la bande de plantation d’une bâche opaque pendant 3 à 4 semaines en été : la chaleur et l’obscurité viennent à bout de la majorité des vivaces.

Travaille ensuite une bande d’au moins 1 m de large sur 30 cm de profondeur — c’est le minimum pour un système racinaire qui va s’étaler. Pour chaque plant, prépare un trou de 2 à 3 fois le volume du pot : un godet de 2 L demande donc un trou de 6 à 8 L.

Côté drainage, tout dépend de ton sol. Sur une argile lourde, apporte 20 à 30 % de sable grossier et, dans le fond du trou, 10 cm de graviers ou de billes d’argile. Tu peux aussi planter sur une butte de 10 à 15 cm qui sera progressivement nivelée. À l’inverse, un sol sableux réclame du compost mûr et un paillage épais pour retenir l’eau.

L’amendement se limite à un compost bien décomposé, mélangé à 20-30 % au volume de terre extraite, plus deux poignées de corne broyée par plant. Évite les engrais azotés : ils poussent au vert au détriment de l’enracinement.

Respecter les bonnes distances

Entre les plants, la règle dépend du type de haie et du calibre des sujets achetés :

  • jeune plant de 40-60 cm (charmille, hêtre, troène), haie taillée : 50 à 60 cm
  • godet ou conteneur de 60-80 cm : 70 à 80 cm
  • arbuste persistant volumineux (photinia, laurier-palme) : 1 à 1,2 m
  • haie libre et fleurie : 1,2 à 1,8 m, en prévoyant l’envergure adulte

Par rapport à la limite de propriété, le Code civil (article 671) impose 2 m de retrait pour une plantation destinée à dépasser 2 m de hauteur, et 0,5 m en dessous. Beaucoup de communes vont plus loin dans leur PLU ou leur règlement local : vérifie-le en mairie avant de commander tes arbustes et haies, d’autant qu’une haie mitoyenne relève d’un accord écrit avec le voisin.

Choisir la bonne fenêtre de plantation

L’automne reste la période idéale : de fin octobre à mi-novembre, le sol est encore chaud (les racines travaillent jusqu’à 8-10 °C), les pluies prennent le relais de l’arrosoir et le plant dispose de six mois pour s’ancrer avant l’été. C’est aussi la période où les plants à racines nues sont disponibles, deux à trois fois moins chers qu’en conteneur.

Le printemps fonctionne bien de mars à avril, hors gel, et devient le choix par défaut sur sol lourd et humide, où l’hiver noie les racines. Dans les deux cas, évite les jours de gel et les coups de chaleur.

Arroser et pailler pour ancrer la haie

À la plantation, apporte 15 à 20 L par sujet, versés lentement dans une cuvette formée autour du collet. Pendant la première année, compte un arrosage hebdomadaire de 10 à 15 L par plant en été, doublé si les températures dépassent 30 °C.

Termine par un paillage de 5 à 8 cm de BRF, copeaux ou feuilles mortes, sur 60 à 80 cm de diamètre : il réduit l’évaporation de moitié environ et freine les adventices. Laisse 3 à 5 cm de terre nue autour du collet, sinon l’humidité stagnante favorise le pourrissement et les maladies.

Taille et entretien des arbustes de haie

Les premières années : structurer avant de contenir

À la plantation, rabats les rameaux d’environ un tiers : cette taille de formation stimule la ramification dès la base et t’évite une haie dégarnie du pied. Les deux ou trois premières années, contente-toi de deux passages légers par an, au printemps et en fin d’été, pour corriger les branches qui partent de travers et guider les arbustes vers un port équilibré. Pour une haie taillée, tends une ficelle entre deux piquets afin de visualiser le gabarit : garde une base plus large de 5 à 10 cm que le sommet, sinon le bas s’étiole faute de lumière. Sur les persistants comme le thuya ou le laurier-palme, n’ampute jamais le vieux bois nu : ils repartent mal dessus, contrairement au charme ou au troène.

Taille d’entretien : la bonne fréquence, les bons outils

Le rythme dépend du type de haie :

  • Haie libre (forsythia, seringat, cornouiller) : une taille par an suffit, juste après la floraison, complétée par un nettoyage des bois morts.
  • Haie taillée caduque (charme, hêtre, troène) : deux à trois passages, en mai-juin puis en août-septembre.
  • Persistants (thuya, if, buis) : deux coupes, fin juin et en septembre ; évite juillet en plein soleil, les plaies brûlent.

Côté matériel, la cisaille manuelle reste imbattable pour les finitions et les jeunes pousses, tandis que le taille-haie électrique prend le relais au-delà de 10 m de linéaire. Le sécateur est réservé aux branches de plus de 1 cm de diamètre, pour une coupe nette. Affûte les lames avant chaque saison et désinfecte-les à l’alcool à 70° entre deux arbustes si tu soupçonnes une maladie.

Le calendrier : tailler hors nidification

En France, la nidification s’étend globalement de mi-mars à fin juillet : aucune taille pendant cette fenêtre, c’est à la fois une obligation liée à la protection des oiseaux et une évidence agronomique. Ta taille principale se cale donc en fin d’hiver, février ou tout début mars, ou à défaut en septembre. Exception notable : les arbustes à floraison printanière (forsythia, lilas, deutzia) se taillent juste après leur floraison, en mai-juin, sinon tu supprimes les boutons de l’année suivante. Dans tous les cas, ne retire jamais plus d’un tiers du volume en une seule intervention.

Nourrir et hydrater sans excès

  • Compost : 3 à 5 cm en surface, en février-mars ou en octobre, sur 50 cm de part et d’autre du pied. Inutile d’enfouir : les racines des arbustes et haies travaillent en surface.
  • Engrais : superflu si tu compostes. Sinon, un engrais arbustes à libération lente à 50-80 g/m², sans azote en fin d’été pour ne pas relancer une pousse fragile avant l’hiver.
  • Arrosage : les deux premières années, 10 à 15 L par plant tous les 7 à 10 jours en été sec. Ensuite, seulement lors d’une sécheresse de plus de trois semaines : 15 à 20 L/m² tous les 10 jours, le matin.
  • Paillage : 5 à 8 cm de BRF ou de copeaux, qui divisent presque par deux l’évaporation et freinent l’herbe.

Un sol paillé, une taille raisonnée et un arrosage mesuré valent mieux que trois traitements curatifs.

Coût d’une haie d’arbustes : budget et fournisseurs

Le prix d’un plant dépend d’abord de sa forme

Avant de comparer les prix, regarde sous quelle forme le plant est vendu : c’est ce qui fait varier la facture du simple au triple pour la même espèce.

  • Racines nues (en vente de novembre à mars, hors gel) : 2 à 5 € pour un sujet de 60 à 80 cm de charme, hêtre, troène ou noisetier. C’est la formule la moins chère et celle qui reprend le mieux, à condition de planter vite après l’achat.
  • Motte : 5 à 12 € le plant. La motte garde les racines intactes, la reprise est plus sûre, notamment si tu plantes en fin d’hiver ou au début du printemps.
  • Conteneur (godet 2 L, pot 3 L) : 6 à 25 € selon l’espèce et la taille. C’est la présentation la plus disponible à l’année, et la plus pratique pour une plantation hors saison.
  • Sujets déjà formés (pot 7,5 L, 1,2 à 1,5 m) : 30 à 60 € pièce. Intéressant uniquement pour combler un trou ou habiller un point stratégique.

Combien de plants au mètre linéaire

Le nombre de plants par mètre linéaire est le deuxième poste qui pèse lourd, et il dépend de l’espèce comme de l’effet recherché :

  • 3 plants/ml pour les arbustes vigoureux (photinia, laurier-palme, éléagnus) espacés de 80 cm : la haie reste occultante au bout de 3 à 4 ans.
  • 4 à 5 plants/ml pour une haie dense et rapide (charme, hêtre, troène), tous les 40 à 50 cm.
  • 5 à 7 plants/ml pour les petits sujets (buis, houx crénelé, santoline), tous les 25 à 30 cm.
  • 2 plants/ml pour une haie libre ou des sujets de gros calibre.

Exemple concret : 20 m de haie de charme en racines nues à 4 plants/ml, soit 80 plants × 3 € = 240 € de végétal.

Les frais qu’on oublie systématiquement

Les plants ne représentent souvent que 70 à 80 % de la dépense réelle. Prévois les à-côtés :

  • Amendement : 1 à 2 € par plant, ou 5 €/m² en compost pour améliorer une terre lourde.
  • Paillage : un sac de 50 L couvre 3 à 4 m², compte 6 à 9 € le sac, soit 2 à 3 sacs pour 20 m.
  • Tuteurs : 1 à 2 € en bambou, 3 à 4 € en tuteur bois pour les sujets de plus de 80 cm.
  • Protections : gaine anti-lapins (1,50 à 3 € l’unité), voile d’hivernage pour les espèces sensibles.
  • Arrosage la première année : c’est le poste invisible, mais un été sec peut coûter la haie entière.

Au total, table sur 20 à 30 % du budget plants en fournitures.

Jardinerie, pépinière ou vente en ligne

  • Jardinerie : 8 à 20 € le godet, soit 20 à 30 % plus cher qu’une pépinière, mais avec le conseil, le choix immédiat et parfois une garantie de reprise.
  • Pépinière de production : le meilleur rapport qualité-prix, avec des remises dégressives dès 50 à 100 plants (-10 à -20 %) et de la vente en racines nues en hiver.
  • Vente en ligne : 20 à 30 % moins cher à l’unité, mais ajoute 15 à 30 € de port et vérifie la taille annoncée : les godets « 40-60 cm » sont parfois livrés à 30 cm.

En pratique, une haie simple te coûtera 15 à 25 € le mètre linéaire, et 30 à 50 € le mètre linéaire pour une haie fournie, paillée et tuteurée. Garde une marge de 10 % pour les remplacements : sur 100 plants, il est rare qu’aucun ne lâche.

Réglementation et bonnes pratiques pour les haies

Avant de tracer ta bordure au cordeau, une vérification s’impose : le code civil, le PLU de ta commune et parfois ton voisin ont leur mot à dire sur l’emplacement de tes arbustes et haies. Voici les règles qui comptent vraiment, et comment t’y tenir sans te prendre la tête.

Distance de plantation : la règle des 2 mètres

L’article 671 du code civil fixe deux seuils, mesurés depuis la limite séparative jusqu’à l’axe du tronc (ou le milieu de ta haie, si elle est taillée) :

  • Plantation de plus de 2 m de haut : 2 m minimum de retrait par rapport à la parcelle voisine.
  • Plantation de 2 m ou moins : 0,5 m suffisent.

Dans un jardin de 300 m², cela change tout : une haie de charme ou de houx maintenue à 1,80 m de haut peut légalement se planter à 50 cm de la clôture, alors qu’un alignement de noisetiers laissé libre à 3 m devra reculer de 2 m.

Deux garde-fous à connaître : l’article 672 autorise ton voisin à exiger l’élagage des branches qui débordent chez lui, et une plantation illégale peut être contestée pendant 30 ans. Enfin, une haie séparative est présumée mitoyenne (article 666), sauf titre ou preuve contraire — d’où l’intérêt de noter noir sur blanc, à l’achat, à qui appartient la haie.

Hauteur, PLU et espèces interdites

Le code civil ne plafonne pas la hauteur d’une haie implantée à 2 m ou plus de la limite. Ce sont les documents locaux qui prennent le relais : PLU, règlement de lotissement, arrêtés municipaux, parfois règlement sanitaire départemental. Beaucoup de communes limitent à 2 m en limite séparative en zone pavillonnaire. Un coup d’œil au géoportail de l’urbanisme ou un appel au service urbanisme t’évite un litige. En site classé, aux abords d’un monument historique ou en zone agricole, l’arrachage d’une haie peut même nécessiter une autorisation préalable.

Côté espèces, le règlement européen n° 1143/2014 et l’arrêté français du 14 février 2018 encadrent l’introduction et la commercialisation de plusieurs essences envahissantes. À éviter absolument dans tes arbustes et haies :

  • Ailante glanduleux (Ailanthus altissima) : un arbre peut disperser des centaines de milliers de samares et drageonner à plusieurs mètres.
  • Herbe de la pampa (Cortaderia selloana) : un pied produit jusqu’à un million de graines.
  • Baccharis, renouée du Japon : à proscrire, envahissants dans la plupart des régions.

Remplace-les par du cornouiller sanguin, de la viorne lantane, du troène sauvage ou du fusain d’Europe : même présence, zéro risque.

La taille : couper hors période de nidification

C’est la bonne pratique la plus souvent négligée. La LPO recommande de ne pas tailler les haies entre mars et août, parce que 60 à 70 % des oiseaux communs nichent dans les haies basses et buissonnantes. Pour les agriculteurs, la règle est même chiffrée : aucune taille entre le 16 mars et le 15 août (BCAE 8). Pour les particuliers, aucune interdiction nationale générale, mais des arrêtés préfectoraux ou municipaux existent localement — et détruire une nichée d’espèces protégées reste une infraction au code de l’environnement.

Le calendrier malin : une taille de structuration en février sur les caduques, une seconde fin septembre sur les persistantes. Si tu dois absolument intervenir en juin, inspecte le cœur de la haie avant de démarrer, repère les nids et décale de trois semaines.

Maladies et parasites courants des arbustes de haie

Reconnais les maladies avant qu’elles ne s’installent

Sur tes arbustes et haies, l’oïdium se repère à un feutrage blanc poudreux sur les jeunes pousses et les feuilles. Il aime les journées douces et humides : entre 15 et 25 °C, avec une humidité supérieure à 70 %. Dès les premières taches, supprime les parties atteintes et applique du soufre micronisé en respectant la dose du fabricant, ou une pulvérisation de lait écrémé dilué à 10 % en préventif.

Les taches foliaires — cercles bruns, noirs ou jaunâtres — apparaissent souvent après des arrosages par le dessus ou un feuillage qui reste mouillé plus de 6 heures. Retire les feuilles malades, évite de mouiller le feuillage et aère le cœur de l’arbuste.

Le chancre, lui, forme une zone déprimée et nécrosée sur l’écorce. Coupe 10 à 15 cm sous la partie atteinte, jusqu’à du bois sain, et désinfecte ton sécateur à l’alcool à 70° entre chaque coupe. Un chancre mal géré peut faire dépérir une branche entière en une saison.

Parasites : inspecte le dessous des feuilles

Les pucerons mesurent 2 à 3 mm et se concentrent sur les pousses tendres. Leur miellat collant attire les fourmis. Un jet d’eau insisté suffit souvent à réduire une colonie naissante ; sinon, pulvérise du savon noir à 10–20 g/L, renouvelé après 5 à 7 jours. Les coccinelles et les syrphes font le reste.

Les cochenilles forment des boucliers bruns ou blancs sur les tiges. Une femelle peut pondre 100 à 200 œufs : agis avant l’infestation massive. Gratte les colonies avec un coton imbibé d’huile blanche ou de neem, puis renouvelle l’application 15 jours plus tard.

Les acariens, eux, sont presque invisibles — 0,5 mm — et prolifèrent au-dessus de 25 °C en air sec. Feuilles jaunies, fines toiles : augmente l’humidité autour du feuillage et pulvérise du savon noir ou une huile horticole, le soir, pour éviter de brûler les feuilles.

Traitements : prévenir d’abord, curer ensuite

En préventif, mise sur des extraits naturels : purin d’ortie dilué à 10 %, décoction de prêle, savon noir. En curatif, n’utilise un produit chimique homologué qu’en dernier recours, en respectant la dose, la période et la rotation des matières actives. Ne traite jamais en pleine floraison : tu protégerais mal les pollinisateurs.

Prévention : aération et taille sanitaire

Respecte 80 cm à 1,50 m entre les pieds selon la vigueur des arbustes. Taille en éclaircie le centre de la haie pour laisser passer lumière et air. La taille sanitaire — suppression du bois mort, malade ou frottant — se pratique idéalement en fin d’hiver, hors gel. Désinfecte tes outils, paille au pied et arrose sans mouiller le feuillage. Inspecte tes arbustes et haies deux à trois fois par semaine au printemps : c’est le meilleur moyen de traiter avant que le problème ne s’installe.

En résumé

  • Décide d’abord du rôle de ta haie (persistante, caduque, fleurie ou défensive) avant de sortir la bêche, car ce choix conditionne l’opacité, la floraison et l’entretien.
  • Note l’ensoleillement réel de ton terrain et prélève une poignée de terre pour tester argile, sable ou calcaire, afin d’éviter l’essentiel des erreurs de plantation.
  • Lis l’étiquette hauteur et largeur à 10 ans, plante tous les 80 à 100 cm pour des sujets vigoureux (60 à 80 cm pour des variétés compactes) et garde 50 cm à 1 m entre la haie et une clôture ou une façade.

Questions fréquentes

Quelle haie choisir si tu veux être caché toute l’année ?

Tourne-toi vers une haie persistante : le laurier-cerise, le thuya ou le photinia gardent leur feuillage et restent opaques même en janvier. Pense à deux tailles par an pour le laurier-cerise et à un sol drainé et non calcaire pour le photinia.

Quel arbuste planter si tu veux une haie à croissance rapide ?

Le laurier-cerise pousse de 40 à 60 cm par an, le photinia de 30 à 50 cm et le charme de 30 à 40 cm. Si tu veux limiter les tailles, vérifie la hauteur et la largeur adultes sur l’étiquette.

Comment savoir quel arbuste planter selon ton sol ?

Note l’ensoleillement réel de ton terrain et prélève une poignée de terre : un boudin souple indique une terre argileuse, une terre qui s’effrite est sableuse, et quelques gouttes de vinaigre font mousser le calcaire. Tu peux aussi utiliser un kit pH à 10-15 € pour affiner ton choix.

À quelle distance dois-tu planter les arbustes de ta haie ?

Plante tous les 80 à 100 cm pour des sujets vigoureux et tous les 60 à 80 cm pour des variétés compactes. Laisse 50 cm à 1 m entre ta haie et une clôture ou une façade pour faciliter l’entretien.

Quelle haie choisir si tu veux décourager un intrus ?

L’aubépine, le pyracantha et le houx ont des épines ou des feuilles piquantes qui découragent un visiteur trop curieux. Pour le houx, il te faut un pied mâle à proximité si tu veux des baies rouges.

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Rédacteur jardin d'ornement

Sylvain Mercier est Rédacteur jardin d'ornement. Les guides citent leurs sources. Spécialités : Plantes Vivaces Et Annuelles, Arbustes Et Haies, Rosiers Et Plantes Grimpantes.

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