Arrosage intelligent et récupération d'eau
Publié le 18 juillet 2026 · 18 min de lecture

Pour rendre ton arrosage intelligent et récupérer l'eau de pluie, combine trois briques — capteurs, programmation et distribution — puis alimente ce réseau avec une cuve dimensionnée et une filtration-pompage stable. C'est important parce que l'une sans l'autre reste une demi-solution et que les gains se cumulent : 30 à 50 % de volume économisé avec le goutte-à-goutte, 10 à 25 % de plus avec sondes et coupure pluie, et 60 m³/an récupérables sur un toit de 100 m².
- Qu’est-ce que l’arrosage intelligent et la récupération d’eau ?
- Les différents systèmes de récupération d’eau pour l’arrosage
- Réservoirs hors-sol, cuves enterrées : le bon contenant au bon endroit
- Filtration et pompage : ce que l’on néglige trop souvent
- Eaux grises : intéressant, mais très encadré
- Technologies d’arrosage intelligent compatibles
- Les programmateurs connectés, le cerveau du système
- Capteurs d’humidité du sol et de pluie : arrêter d’arroser pour rien
- Goutte-à-goutte et micro-aspersion pilotés automatiquement
- Critères de choix : quel système pour quel jardin ?
- Coûts et aides financières
- Réglementation et bonnes pratiques
- Entretien et dépannage du système
Qu’est-ce que l’arrosage intelligent et la récupération d’eau ?
Sous ce nom un peu fourre-tout se cachent deux logiques complémentaires : apporter la juste dose au bon endroit et au bon moment, puis remplacer l’eau du réseau par celle que ton toit ou ta maison te donne gratuitement. L’une sans l’autre reste une demi-solution.
Les trois briques de l’arrosage intelligent
Un arrosage devient « intelligent » dès qu’il décide à ta place, sur des données réelles plutôt que sur un minuteur têtu. Concrètement, trois éléments s’emboîtent :
- Les capteurs. Une sonde d’humidité plantée entre 10 et 15 cm de profondeur mesure l’eau réellement disponible dans le sol ; les modèles capacitifs tiennent bien mieux dans le temps que les résistifs à électrodes. S’y ajoutent souvent un pluviomètre et une station météo connectée qui coupe l’arrosage si 5 mm de pluie sont annoncés dans les 24 h.
- La programmation. Programmateur de robinet pour un petit jardin, électrovannes réparties par zone pour un grand, pilotage Bluetooth ou Wi-Fi depuis le téléphone : c’est le cerveau qui traduit les mesures en ordres d’ouverture.
- La distribution. Goutte-à-goutte ou micro-aspersion, avec des goutteurs de 2 à 8 L/h posés au pied des végétaux. La différence est spectaculaire : un jet d’arrosage classique débite 15 à 20 L/min, soit l’équivalent d’une heure de goutte-à-goutte en une minute et demie.
De l’eau gratuite avant le robinet
La récupération d’eau de pluie alimente ensuite ce réseau. Le calcul de base est simple : 1 mm de pluie sur 1 m² = 1 litre. Avec un toit de 100 m², 700 mm de précipitations annuelles et un rendement de récupération de 0,9 (pertes de première pluie, filtration, débordement), tu stockes environ 60 m³ par an, soit de quoi couvrir largement les besoins d’un potager et d’une haie jeune.
Les eaux grises — douche, lavabo, lessive — représentent à elles seules près de 60 % des eaux usées d’un foyer. Leur réemploi au jardin suppose un filtrage et une décantation soignés, des produits d’hygiène biodégradables, et un cadre réglementaire encore expérimental en France : à réserver aux projets que tu peux suivre sérieusement, avec stockage dédié et analyses.
Trois gains qui se cumulent
- Moins d’eau prélevée. Le goutte-à-goutte économise 30 à 50 % de volume par rapport à l’aspersion ou au jet, et l’ajout de sondes et d’une coupure pluie retire encore 10 à 25 % en évitant les arrosages inutiles.
- Une facture allégée. À 3 à 5 € le m³ (eau potable + assainissement selon les communes), les 60 m³ récupérés sur un toit de 100 m² valent 200 à 300 € par an, hors abonnement.
- Des ressources préservées. L’arrosage peut peser 30 à 50 % de la consommation d’un foyer en été, précisément quand les nappes sont au plus bas et que les arrêtés préfectoraux de restriction se multiplient, jusqu’à l’interdiction totale en situation de crise.
Un système bien conçu, c’est donc une cuve qui se remplit l’hiver, un programmateur qui lit le sol et le ciel, et des goutteurs qui travaillent sans toi pendant les vacances.
Les différents systèmes de récupération d’eau pour l’arrosage
Réservoirs hors-sol, cuves enterrées : le bon contenant au bon endroit
Avant de penser pompe ou programmateur, il faut un réservoir. Trois familles se partagent le marché.
- Le récupérateur hors-sol (1 000 à 2 000 L, souvent 150 à 400 €) : tu le raccordes à une descente de gouttière, tu le poses sur une terrasse ou contre un mur. Gain immédiat, mais il chauffe l’été, gèle l’hiver et prend de la place.
- La cuve aérienne surélevée (500 à 1 000 L, sur châssis) : elle permet un arrosage gravitaire, sans pompe, pratique pour un potager éloigné de toute prise électrique.
- La cuve enterrée (3 000 à 10 000 L) : discrète, l’eau reste fraîche donc se conserve mieux, mais il faut creuser, prévoir un accès de visite et une pompe pour la remonter. Compte 200 à 400 € de terrassement en plus du contenant.
Le volume se calcule simplement : 1 mm de pluie sur 1 m² donne 1 litre. Un toit de 80 m² recevant 600 mm par an représente environ 48 000 L théoriques, à ramener à 35 000–40 000 L utiles (pertes de nettoyage, trop-plein). Une cuve de 2 000 L couvre les petites sécheresses, pas un mois d’août.
Filtration et pompage : ce que l’on néglige trop souvent
Une eau claire, c’est une pompe qui dure. Compte une grille anti-feuilles en entrée, un filtre de dérivation (regard de 200 µm) qui évacue les grosses saletés, et une crépine flottante dans la cuve pour puiser sous la surface, sans les sédiments.
Côté pompe, deux options : la pompe immergée (plus silencieuse, à réserver aux cuves enterrées) et la pompe de surface auto-amorçante. Vise 2 à 3 bars de pression et 2 500 à 3 500 L/h pour alimenter deux ou trois robinets ou un goutte-à-goutte. Un pressostat et un clapet anti-retour évitent les coups de bélier. C’est ce binôme filtration-pompe qui rend un arrosage intelligent et récupération d’eau réellement automatisable : sans pression stable, aucun programmateur ne tient ses horaires.
Eaux grises : intéressant, mais très encadré
Récupérer l’eau de la douche ou du lave-linge tente, surtout qu’un bain représente 150 à 200 L. En France, l’usage des eaux grises à domicile reste toutefois expérimental et strictement limité : arrosage des espaces verts et lavage des voies, avec déclaration préalable en mairie, dispositif de traitement agréé, réseau séparé du réseau d’eau potable et signalisation « eau non potable ». L’arrosage du potager, des cultures consommées crues et l’aspersion sont interdits.
En pratique, trois précautions : ne stocke pas plus de 24 h (bactéries), filtre et désinfecte (chloration ou UV), et n’envoie jamais ces eaux sur un sol détrempé ou en pente. Pour un jardin de particulier, la pluie reste le gisement le plus simple et le plus rentable.
Technologies d’arrosage intelligent compatibles
Les programmateurs connectés, le cerveau du système
Un programmateur connecté, c’est une horloge qui accepte qu’on lui dise « non, pas aujourd’hui ». Concrètement, il se raccorde à ton réseau Wi-Fi en 2,4 GHz (le 5 GHz passe mal à travers un mur de garage) et dialogue avec une station météo, la tienne ou celle d’un service en ligne. L’intérêt n’est pas de consulter la pluie depuis ton canapé, mais de laisser le système recalculer les durées : la plupart des modèles récents intègrent une fonction d’ajustement saisonnier en pourcentage (de 0 à 200 %) et une gestion de l’ETP, l’évapotranspiration, qui traduit la demande réelle des plantes en millimètres d’eau. Tu règles une durée de référence en juillet, et le programmateur la réduit de moitié en octobre sans que tu touches à rien.
Côté alimentation, deux familles cohabitent : les modèles sur secteur 230 V, à réserver à un abri ou un regard étanche, et les versions sur piles 9 V ou sur panneau solaire, qui pilotent des électrovannes à impulsion et tiennent une saison complète. Vérifie surtout la compatibilité des vannes : une vanne 24 V AC ne fonctionnera jamais sur une sortie 9 V DC.
Capteurs d’humidité du sol et de pluie : arrêter d’arroser pour rien
C’est le poste où l’on gagne le plus d’eau, souvent 20 à 40 % selon la nature du sol et l’exposition.
- Le capteur de pluie, filaire ou sans fil, se fixe en hauteur, dégagé de la végétation. Une fois déclenché (généralement à partir de 3 à 5 mm), il impose une pause de 24 à 48 h. Les modèles à auget basculant comptent les millimètres, ceux à électrodes se contentent de dire « mouillé ».
- La sonde d’humidité du sol, capacitive de préférence (les résistives s’oxydent en deux saisons), s’enfonce à 10-15 cm, dans la zone racinaire, à mi-distance entre un goutteur et le bord du paillage. Elle mesure le taux d’humidité et bloque l’arrosage au-delà d’un seuil que tu paramètres, souvent 25-30 % de VWC sur un sol limoneux.
- Sur un jardin de plus de 200 m², place deux sondes dans les zones les plus différentes (plein soleil / mi-ombre, sable / argile) : une seule te donnera une fausse image.
Goutte-à-goutte et micro-aspersion pilotés automatiquement
La partie hydraulique doit suivre l’électronique, sinon le pilotage ne sert à rien. Le schéma classique : programmateur → électrovanne 24 V AC ou 9 V → filtre 120 mesh → régulateur de pression 1 à 2 bar → réseau.
- Goutte-à-goutte : goutteurs de 1,6 à 4 L/h, un par plant de tomate ou de rosier, espacement 30 à 50 cm sur les haies. Débit lent, zéro mouillage du feuillage, idéal couplé à une cuve de récupération d’eau.
- Micro-aspersion : buses de 40 à 100 L/h, rayon 1 à 3 m, parfaites pour les massifs denses, les fraisiers ou une serre.
- Le pilotage automatique par secteur : une électrovanne par zone (potager, massifs, pelouse), jamais tout en même temps, sinon la pression chute et les goutteurs crachent inégalement.
Dernier point, et il compte pour ton arrosage intelligent et ta récupération d’eau : si tu alimentes le réseau depuis une cuve, prévois une pompe surpresseur adaptée au débit total des secteurs ouverts simultanément, un flotteur de sécurité pour la marche à sec, et un clapet anti-retour. Un programmateur à piles avec vanne à impulsion consomme alors très peu et fonctionne même hors de portée du Wi-Fi — utile en bout de terrain, à plus de 50 m de la box.
Critères de choix : quel système pour quel jardin ?
Avant de choisir un équipement, pars de ton usage réel. Un système performant sur une grande pelouse n’est pas le même que sur un potager morcelé ou une série de massifs. C’est là que l’arrosage intelligent et récupération d’eau deviennent intéressants : ils permettent d’adapter l’apport aux besoins des plantes et à l’eau disponible, plutôt que d’arroser “au calendrier”.
Mesure d’abord la surface et la végétation
Commence par relever précisément les zones à irriguer, en séparant les usages :
- Potager : privilégie le goutte-à-goutte ou la micro-aspersion. Sur 30 à 50 m², un kit goutte-à-goutte bien dimensionné suffit souvent, avec un arrosage localisé au pied des cultures.
- Pelouse : elle demande une couverture plus large. Sur 200 m², des asperseurs enterrés ou des turbines sont plus adaptés, mais ils consomment davantage et demandent une pression d’eau correcte.
- Massifs et haies : le goutte-à-goutte ou les micro-asperseurs sont parfaits. Tu limites l’évaporation et tu cibles les racines.
- Zones mixtes : sépare les circuits. Un programmateur multivoie te permet de donner plus d’eau au potager qu’aux massifs de vivaces.
Compte aussi le nombre de plantes gourmandes en eau : tomates, courgettes, jeunes plantations et pelouse récemment semée ne se pilotent pas comme des graminées déjà installées.
Budget : regarde le coût complet et le retour sur investissement
Le prix d’achat ne dit pas tout. Pour un petit potager, un kit goutte-à-goutte coûte souvent entre 80 et 150 €, auquel s’ajoute un programmateur simple ou connecté. Pour une pelouse de 200 m², une solution à asperseurs enterrés peut vite dépasser plusieurs centaines d’euros, surtout si tu dois tirer des tuyaux et ajouter des électrovannes.
La récupération d’eau change le calcul : une cuve de 1 000 L représente un stock utile, mais limité si tu arroses large. Une toiture de 50 m² récupère environ 40 à 45 L par millimètre de pluie avec un rendement correct. Tu dois donc dimensionner le stockage selon la surface à irriguer, pas seulement selon la place disponible.
Le retour sur investissement dépend de ton prix de l’eau et de ta consommation. Un arrosage intelligent avec sonde d’humidité ou programmation météo évite des cycles inutiles ; couplé à une cuve, il valorise mieux chaque litre stocké. Sur un potager, l’investissement se justifie souvent par la régularité et la santé des cultures autant que par l’économie d’eau.
Vérifie les contraintes du terrain avant de commander
Trois points techniques peuvent tout changer :
- La pente : en forte déclivité, le goutte-à-goutte demande un régulateur de pression et des circuits bien équilibrés. Les asperseurs, eux, arrosent moins uniformément.
- L’accès à l’eau : robinet proche, récupération de pluie, pompe de surface ou nourrice ? Calcule la longueur de tuyau et la pression disponible. Une cuve basse doit souvent être surélevée ou équipée d’une petite pompe.
- L’alimentation électrique : un programmateur connecté a besoin d’une prise protégée ou de piles. Si tu es loin du secteur, une vanne solaire autonome peut être plus simple, mais vérifie son débit.
Enfin, prévois l’hiver : vidange des tuyaux, protection des programmateurs et filtre propre. Un système bien choisi reste simple à entretenir.
Coûts et aides financières
Ce que tu paies pour récupérer l’eau
Pour un récupérateur d’eau de jardin, compte 50 à 500 € pour l’équipement seul. En bas de fourchette, tu trouves un petit modèle aérien de 100 à 300 L, suffisant pour quelques pots et massifs. À 150–300 €, tu passes sur un 500 à 1 000 L avec robinet, couvercle filtrant et parfois support. Vers 400–500 €, tu as un modèle plus grand, plus stable, avec pompe ou kit de raccordement. La pose ajoute généralement 100 à 400 € pour un aérien simple (support, raccordement de gouttière, trop-plein), davantage si tu choisis un enterré ou un réseau vers plusieurs points d’eau. Pense aussi aux accessoires : filtre, clapet, tuyau, pompe, soit 30 à 150 € de plus.
Le budget de l’arrosage intelligent
Côté arrosage intelligent et récupération d’eau, le pilotage coûte souvent moins cher que ce que tu imagines, mais il faut compter les capteurs. Un programmateur de robinet basique démarre autour de 20–40 € ; un modèle électronique à deux voies coûte 50–100 €. Un programmateur connecté avec capteur de pluie intégré se situe entre 80 et 180 €. Ajoute un capteur d’humidité du sol à 25–70 €, ou une sonde de pluie à 20–50 €. Pour une station connectée multi-voies avec vanne, capteur et application, prévois 150–350 €. L’installation par un pro, avec réglages et mise en service, peut ajouter 150–400 €. Le vrai levier d’économie, c’est le réglage : arroser selon le sol, l’exposition et la pluie récente évite des cycles inutiles, surtout avec un récupérateur qui se vide vite.
Les aides à aller chercher
Ne pars pas du principe qu’un crédit d’impôt national finance automatiquement ton récupérateur : ce dispositif vise surtout la rénovation énergétique, et MaPrimeRénov’ ne couvre pas l’achat d’un simple récupérateur de pluie. En revanche, certains travaux de gestion ou de récupération des eaux pluviales peuvent bénéficier d’une TVA réduite, sous conditions de logement et de facturation. Pour le reste, regarde surtout les subventions des collectivités : commune, intercommunalité, département ou agence de l’eau. Elles prennent parfois la forme d’un forfait (par exemple 30 à 100 € par équipement) ou d’un pourcentage plafonné du matériel. Certaines proposent aussi des kits ou des animations de quartier.
Avant d’acheter, vérifie trois points : la fiche du dispositif local, les plafonds et les justificatifs demandés (facture, photo, attestation), et le délai de dépôt. Une aide peut être conditionnée à un matériel neuf, à une pose par un professionnel ou à un volume minimal. Garde tes factures et ton devis : c’est souvent ce qui bloque le dossier.
Réglementation et bonnes pratiques
Que tu installes un arrosage intelligent et récupération d’eau pour ton jardin, tu dois composer avec un cadre légal précis. Bonne nouvelle : pour l’usage extérieur, les règles sont simples. Pour les eaux grises, elles sont plus strictes. Voici ce que tu dois retenir.
Eau de pluie : usage extérieur autorisé
Depuis l’arrêté du 21 août 2008, tu peux récupérer l’eau de pluie de ta toiture pour un usage extérieur sans déclaration préalable. Cela concerne l’arrosage de ton jardin, le lavage de ta voiture ou le nettoyage de tes terrasses. Deux conditions à respecter : la toiture doit être non accessible au public (sauf dérogation pour l’arrosage) et l’eau doit être filtrée avant stockage. Si tu veux relier ton réseau d’eau de pluie au réseau d’eau potable pour un appoint, tu dois obligatoirement installer un disconnecteur. Sans cela, tu t’exposes à une contamination du réseau public et à une non-conformité de ton installation.
Eaux grises : déclaration obligatoire
Réutiliser tes eaux grises (douche, baignoire, lavabo, lave-linge) pour arroser ton jardin est possible, mais très encadré. Tu dois déposer une déclaration préalable en mairie, fournir un plan de l’installation et t’engager à respecter les prescriptions techniques. Le système doit comporter un traitement adapté (filtration, désinfection) et être installé par un professionnel. L’usage est limité à l’arrosage des espaces verts et au lavage extérieur. L’arrosage des cultures potagères est interdit. Un contrôle de l’installation peut être réalisé par les services de l’État. Ne néglige pas cette étape : sans déclaration, tu t’exposes à une amende et à la mise en conformité de ton installation.
Sécurité : disconnecteur et étiquetage
Dès que ton réseau d’eau de pluie est relié, même ponctuellement, au réseau d’eau potable, le disconnecteur est obligatoire. Il empêche tout retour d’eau non potable dans le réseau public. Compte entre 150 et 400 € pour un disconnecteur à zone de pression réduite (type BA) posé par un plombier. Côté signalisation, tu dois étiqueter toutes les canalisations, robinets et points de soutirage avec la mention « Eau non potable » et un pictogramme explicite. La norme NF EN 1717 recommande aussi une couleur repère, souvent le violet, pour identifier les tuyaux. Un robinet d’arrosage doit porter un avertissement visible : « Eau non potable, ne pas boire ».
Les bons réflexes à garder
- Vérifie que ta toiture ne contient ni plomb ni amiante avant de récupérer l’eau.
- Filtre l’eau avant stockage et vidange ta cuve au moins une fois par an.
- Contrôle régulièrement l’étanchéité et le bon fonctionnement du disconnecteur.
- Tiens à jour la déclaration en mairie si tu modifies ton installation.
Avec ces règles en tête, ton arrosage intelligent et récupération d’eau reste performant et conforme. La loi ne bride pas ton projet : elle sécurise ton jardin et ton réseau.
Entretien et dépannage du système
Nettoyer les filtres avant tout le reste
Un arrosage intelligent et récupération d’eau ne vaut rien sans filtration propre : c’est la panne n°1. L’eau de pluie charrie feuilles, sable et fines particules qui bouchent les goutteurs en quelques semaines.
- Filtre de sortie de cuve (tamis ou disque 120 mesh) : rince-le toutes les 2 à 4 semaines en saison, à l’eau claire, sans le démonter entièrement. Un filtre colmaté fait chuter la pression de 30 à 50 %, et tes goutteurs ne compensent pas.
- Filtre à sable ou à gravier : contre-lavage une fois par mois, 3 à 5 minutes suffisent.
- Cuve : vidange complète et brossage tous les 2 à 3 ans (tous les ans si tu récupères des toitures très exposées aux arbres). Rince, puis désinfecte avec une solution d’eau de Javel à 0,5 % — compte 24 h de contact avant rinçage abondant. Ne remets jamais l’eau de javel dans le circuit d’arrosage.
- Couvercle et grille anti-moustiques : vérifie leur bon état au printemps. Une grille déchirée, et c’est le moustique tigre qui s’installe dans ta réserve.
- Vase et dépôt au fond : mesure l’épaisseur de vase ; au-delà de 5 cm, programme l’extraction.
Contrôler capteurs, vannes et batteries
Le matériel d’arrosage intelligent demande un contrôle mensuel en période de fonctionnement, pas plus.
- Sondes d’humidité du sol : nettoie les électrodes avec un chiffon humide et un peu de vinaigre blanc si tu vois du calcaire. Enterrées à 10-15 cm, elles doivent rester en contact franc avec la terre, sans poche d’air.
- Pluviomètre / capteur de pluie : vide les débris, vérifie que le basculement se fait librement. Un capteur bloqué en position « pluie » coupe ton arrosage pendant des semaines.
- Électrovannes : lance un cycle de test de 2 minutes par voie. Écoute le claquement, vérifie le débit réel au goutteur. Une membrane entartrée se change pour 8 à 15 €.
- Batteries : pile lithium 9 V ou pack rechargeable, à remplacer tous les 12 à 18 mois. Note la date sur le boîtier. Une pile faible ne prévient pas : elle fausse les horaires avant de lâcher.
- Joints et raccords : un suintement de 10 gouttes par minute, c’est environ 2 litres par jour perdus, soit 700 litres sur la saison.
Hiverner sans casser le matériel
Le gel est le premier destructeur de systèmes. Dès que les températures descendent durablement sous 3 °C :
- Coupe l’alimentation de la pompe et du programmateur.
- Vidange les conduites : ouvre les points bas, purges d’air et robinets, puis souffle légèrement à l’air comprimé (moins de 2 bars).
- Démonte le programmateur et les piles : stockage à l’intérieur, au sec, hors gel.
- Protège les électrovannes avec une gaine isolante ou un coffret.
- Ne vide pas totalement une cuve enterrée : garde 20 à 30 cm d’eau pour équilibrer la poussée du sol et éviter la déformation. Ferme l’arrivée, mets le flotteur hors circuit.
- Couvre la cuve aérienne d’une bâche tendue, jamais posée à plat sur le couvercle.
Un hivernage bien fait, c’est 1 à 2 heures en novembre pour éviter une facture de réparation qui dépasse souvent 150 € au printemps.
En résumé
- Installe une sonde d'humidité entre 10 et 15 cm de profondeur, un pluviomètre et une station météo connectée pour couper l'arrosage si 5 mm de pluie sont annoncés dans les 24 h, puis pilote tes électrovannes par zone.
- Dimensionne ta récupération d'eau de pluie avec 1 mm sur 1 m² = 1 litre, puis prévois une grille anti-feuilles, un filtre de dérivation de 200 µm et une crépine flottante avant de choisir une pompe à 2–3 bars et 2 500–3 500 L/h.
- Privilégie le goutte-à-goutte avec des goutteurs de 2 à 8 L/h au pied des végétaux et ajoute une coupure pluie pour retirer 10 à 25 % d'arrosages inutiles en plus des 30 à 50 % d'économie de volume.
Questions fréquentes
Comment savoir si ton arrosage est vraiment intelligent ?
Ton arrosage est intelligent dès qu’il décide à ta place à partir de données réelles : sonde d’humidité, pluviomètre et station météo couplés à une programmation connectée. Pour la sonde, les modèles capacitifs tiennent mieux dans le temps que les résistifs à électrodes.
Combien d'eau de pluie peux-tu récupérer avec un toit de 100 m² ?
Avec un toit de 100 m², 700 mm de pluie par an et un rendement de 0,9, tu stockes environ 60 m³ par an. Le calcul de base : 1 mm de pluie sur 1 m² donne 1 litre.
Quel volume de cuve te faut-il pour arroser ton jardin ?
Tout dépend de ton toit : une cuve de 2 000 L couvre les petites sécheresses, pas un mois d’août ; pour un toit de 80 m² à 600 mm/an, tu peux compter sur 35 000 à 40 000 L utiles.
As-tu besoin d'une pompe pour utiliser l'eau d'une cuve enterrée ?
Oui, tu dois prévoir une pompe pour remonter l’eau d’une cuve enterrée, et viser 2 à 3 bars et 2 500 à 3 500 L/h pour alimenter deux ou trois robinets ou un goutte-à-goutte.
Peux-tu arroser ton potager avec tes eaux grises ?
Non, tu ne peux pas arroser ton potager ni les cultures consommées crues avec tes eaux grises : en France, leur usage reste expérimental et limité aux espaces verts et au lavage des voies, avec déclaration préalable en mairie et traitement agréé.