Calendrier lunaire et biodynamie : le guide complet

Le calendrier lunaire et la biodynamie te donnent des repères pour jardiner en suivant les rythmes de la Lune et une approche globale du vivant. Tu planifies semis, plantations, tailles et récoltes selon les phases et les jours racines, feuilles, fleurs ou fruits, sans remplacer l’observation de ton terrain. C’est important parce que ces repères t’aident à intervenir au bon moment et à soigner l’équilibre du jardin plutôt que de forcer la parcelle.
- Qu’est-ce que le calendrier lunaire et la biodynamie ? Définitions et principes
- Les différents types de jours lunaires : racines, feuilles, fleurs, fruits
- Comment lire et utiliser un calendrier lunaire biodynamique ?
- Processus et étapes pour appliquer la biodynamie au potager
- Coûts et ressources nécessaires pour se lancer
- Risques et limites du calendrier lunaire et de la biodynamie
- Réglementation et certification en biodynamie
Qu’est-ce que le calendrier lunaire et la biodynamie ? Définitions et principes
Le calendrier lunaire et la biodynamie t’invitent à changer de regard sur ton jardin : plutôt que de le considérer comme une parcelle à forcer, tu apprends à le voir comme un milieu vivant, relié aux rythmes du ciel. Avant d’entrer dans les gestes concrets, il est utile de clarifier ce que recouvrent ces deux approches et comment elles se rejoignent.
Comprendre le calendrier lunaire en quatre phases
Le calendrier lunaire s’appuie sur le cycle synodique de la Lune, qui dure environ 29,5 jours. Ce cycle se divise en quatre phases principales, chacune associée à une dynamique végétale observable :
- Lune nouvelle : la sève est plutôt en repos. Tu peux profiter de cette période pour préparer le sol, amender, composter ou concevoir tes plans de plantation.
- Lune croissante (premier quartier) : la sève monte, la partie aérienne se développe. C’est le moment favorable aux semis, aux plantations et aux greffes.
- Pleine Lune : l’activité est à son maximum. Évite les tailles sévères et les traitements sensibles ; privilégie l’observation et les récoltes de consommation immédiate.
- Lune décroissante (dernier quartier) : la sève redescend vers les racines. Tu favorises l’enracinement, la taille, le bouturage et les récoltes destinées à la conservation.
Ces repères ne remplacent pas l’observation de ton terrain, mais ils t’aident à choisir le bon moment pour tes interventions.
La biodynamie, une approche globale du vivant
La biodynamie est une méthode d’agriculture fondée sur les travaux de Rudolf Steiner, notamment ses conférences de 1924 à Koberwitz. Elle considère la ferme ou le jardin comme un organisme vivant, où le sol, les plantes, les animaux et les rythmes cosmiques interagissent. Concrètement, elle repose sur :
- la suppression des intrants chimiques de synthèse ;
- l’usage de préparations à base de bouse de corne (500), de silice de corne (501) et de compost ;
- le respect des cycles naturels, dont ceux de la Lune ;
- une vision holistique : tu ne nourris pas seulement une plante, tu soignes un équilibre.
Le label Demeter, né dans les années 1930, encadre aujourd’hui cette pratique, mais la biodynamie se vit d’abord comme une démarche personnelle et expérimentale.
Le lien entre Lune et biodynamie
La biodynamie utilise le calendrier lunaire comme outil de planification. Elle ne se contente pas des quatre phases : elle croise aussi la position de la Lune devant les constellations du zodiaque, selon les travaux de Maria Thun dans les années 1950. Tu obtiens ainsi des jours racines, feuilles, fleurs et fruits, que tu découvriras plus loin. Pour l’instant, retiens l’essentiel : le calendrier lunaire et la biodynamie forment un duo où le rythme céleste guide les gestes du jardinier. Tu sèmes des salades en jour feuille, tu plantes des carottes en jour racine, tu récoltes pour conserver en Lune décroissante. Ces bases posées, tu peux passer aux types de jours lunaires et à leur lecture concrète.
Les différents types de jours lunaires : racines, feuilles, fleurs, fruits
Chaque jour du calendrier lunaire et biodynamie porte une « couleur » végétale. Le principe découle des observations de Maria Thun, qui a consigné dès les années 1950 des milliers de résultats de semis et de récoltes : la Lune traverse une constellation du zodiaque tous les 2 à 3 jours, et ces constellations se répartissent en quatre éléments — terre, eau, air, feu. À chaque élément correspond une partie de la plante qui profiterait le plus de l’influence lunaire. Sur un cycle sidéral de 27,3 jours, tu disposes donc d’environ 6 à 7 jours de chaque type, une même dominante pouvant s’étaler sur deux ou trois jours d’affilée.
Jour racine : quand la lune travaille sous terre
La Lune est en Taureau, Vierge ou Capricorne (élément terre). C’est le moment de tout ce qui se passe sous la surface :
- Semer et repiquer les carottes, radis, betteraves, navets, panais.
- Planter les pommes de terre, l’ail, les échalotes, les bulbes de fleurs.
- Butter, biner, travailler le sol, incorporer le compost mûr ou installer un paillage.
Un repère concret : une carotte semée en jour racine germe de façon plus régulière, et une pomme de terre arrachée un jour racine présente une peau plus ferme, ce qui limite les blessures et améliore la conservation en cave. Pense aussi à récolter tes racines ce jour-là plutôt qu’en jour feuille, où elles se ramollissent plus vite.
Jour feuille : la sève monte vers le vert
Lune en Cancer, Scorpion ou Poissons (élément eau). Priorité aux feuilles et aux tiges :
- Salades, mâche, roquette, épinards, blettes, poireaux, céleris.
- Choux (tous, sauf les choux-fleurs et brocolis qui sont des fleurs), persil, basilic, menthe.
C’est le bon créneau pour semer et repiquer ces cultures, et pour récolter les aromatiques : coupées en jour feuille, elles gardent leur parfum plus longtemps au réfrigérateur. Attention toutefois : cette dominante favorise aussi la végétation tendre… et les limaces. Évite d’arroser le soir et garde l’œil sur le mildiou.
Jour fleur : place à la floraison
Lune en Gémeaux, Balance ou Verseau (élément air). Tout ce qui fleurit est à l’honneur :
- Plantes ornementales : semis de fleurs annuelles, plantation de vivaces, taille légère des rosiers.
- Légumes-fleurs : artichaut, brocoli, chou-fleur, chou romanesco.
- Fleurs comestibles et médicinales : bourrache, capucine, lavande, camomille — idéal pour la récolte destinée aux tisanes.
Jour fruit : cap sur les récoltes sucrées
Lune en Bélier, Lion ou Sagittaire (élément feu). Tu vises la fructification :
- Légumes-fruits : tomates, courgettes, aubergines, poivrons, piments.
- Gousses : haricots, pois, fèves.
- Fruits : fraises, framboises, et tous tes arbres fruitiers (plantation, taille, récolte).
Semer ou planter en jour fruit donne des plants plus productifs, et récolter tomates et fruits à ce moment-là optimise la teneur en sucre. C’est aussi le jour conseillé pour tailler les fruitiers, la cicatrisation étant réputée plus rapide.
Comment t’en servir sans te compliquer la vie
Tu n’as pas besoin de tout caler au jour près. Si ton temps est compté, priorise deux gestes : les semis et les récoltes, sur la dominante correspondante. Le désherbage, l’arrosage et le montage du compost restent des travaux « neutres », à faire quand tu veux. Appuie-toi sur un calendrier lunaire biodynamique à jour, qui indique chaque jour la dominante et les heures de bascule d’une constellation à l’autre — précieux quand tu sèmes le soir.
Comment lire et utiliser un calendrier lunaire biodynamique ?
Ouvre ton calendrier à la page du mois et repère deux informations avant tout le reste : la position de la Lune dans le zodiaque et la catégorie du jour. C’est à partir de ces deux lectures que calendrier lunaire et biodynamie deviennent un outil de travail, et non une simple curiosité.
Montante ou descendante : la sève avant la phase
On confond souvent la phase (le croissant qui grossit ou maigrit) et la position de la Lune dans le ciel. Ce sont deux choses distinctes. La Lune est dite montante quand elle s’élève sur l’écliptique, pendant 13 à 14 jours : la sève est attirée vers le haut de la plante. C’est le créneau pour semer les parties aériennes, greffer, repiquer les plants de tomates, récolter feuilles et fruits. Elle devient descendante sur une durée équivalente : la sève redescend vers les racines. Tu tailles, tu plantes les arbres et arbustes, tu buttes, tu boutures, tu récoltes carottes, betteraves et pommes de terre.
Attention : les deux cycles ne se superposent pas. Le cycle des phases dure 29,53 jours, la révolution sidérale 27,3 jours. Tu peux donc avoir une Lune montante et décroissante le même jour — dans ce cas, c’est la montée/descente qui prime pour décider du geste.
Les nœuds lunaires : les jours où tu reposes le sécateur
La Lune traverse un nœud tous les 13,6 jours environ, à l’endroit où son orbite croise l’écliptique. Les calendriers biodynamiques les signalent par ☊ (ascendant) et ☋ (descendant). Maria Thun recommandait de ne ni semer ni planter ces jours-là, et d’attendre environ 6 heures après le passage du nœud. Ces journées sont idéales pour le désherbage, le compost, l’affûtage des outils ou les relevés au carnet.
Certains calendriers ajoutent le périgée (Lune à 356 500 km, au plus près) et l’apogée (406 700 km) : évite les semis ces jours-là. Et si une éclipse tombe dans ta semaine, considère la journée comme neutre pour les gestes de semis.
Décoder les symboles et abréviations
Chaque éditeur a sa grammaire, mais tu retrouves presque toujours la même trame :
- ☽ Lune croissante / ☾ Lune décroissante (forme du croissant)
- R racine, F feuille, Fl fleur, Fr fruit — parfois remplacés par de petits pictogrammes
- ☊ et ☋ nœuds lunaires, souvent surlignés en gris = jour sans semis
- P périgée, A apogée
- Le nom ou le numéro de la constellation traversée (Bélier, Taureau, Gémeaux…)
- Point important : les calendriers biodynamiques utilisent les constellations astronomiques réelles, au nombre de 13 (dont le Serpentaire), et non les 12 signes astrologiques. Compte ainsi environ 2,5 jours par constellation.
Une semaine type au potager
Voici un exemple de planification pour la semaine du 12 au 16 mai :
- Lundi — jour racine, Lune descendante : arrachage des radis, plantation de l’ail, binage profond.
- Mardi — jour feuille, Lune montante : semis d’épinards et de mâche, repiquage des salades, récolte de persil.
- Mercredi — nœud lunaire : pas de semis. Désherbez, retournez le tas de compost, affûtez la binette.
- Jeudi — jour fleur, Lune montante : semis de cosmos et d’œillets d’Inde, pincement des fuchsias.
- Vendredi — jour fruit, Lune montante : semis de courgettes en godets, taille des tomates, récolte des fraises.
Tu l’as compris : le calendrier ne décide pas à ta place, il hiérarchise. Si la pluie s’annonce jeudi, tu déplaces le semis de fleurs au vendredi soir — un semis en bon jour sous la pluie vaut mieux qu’un semis parfait sur un sol sec.
Processus et étapes pour appliquer la biodynamie au potager
Préparer le sol : la vie avant tout
Commence 3 à 4 semaines avant les semis. Aère la terre à la grelinette sans la retourner, puis apporte 2 à 4 kg/m² de compost mûr, soit environ 2 à 3 cm en surface, sur les planches pauvres. En biodynamie, ce compost peut être enrichi avec les préparations 502 à 507, selon le protocole du fournisseur. La préparation 500, dite bouse de corne, se pulvérise sur sol humide, plutôt en fin de journée, quand la terre est réchauffée : elle soutient l’enracinement et la vie microbienne. La préparation 501, silice de corne, s’utilise en pulvérisation foliaire très fine, tôt le matin, par temps doux et sans pluie annoncée dans les 24 h. Dynamise chaque préparation selon les indications et respecte les doses : quelques grammes suffisent souvent pour une grande surface.
Semer et planter au bon jour
Le calendrier lunaire et biodynamie t’aide à choisir le jour selon la partie du légume que tu récoltes :
- Jours racines : carotte, radis, betterave, navet.
- Jours feuilles : salade, épinard, chou.
- Jours fleurs : brocoli, chou-fleur, artichaut.
- Jours fruits : tomate, courgette, haricot, fraise.
Si tu ne peux pas semer ou planter le jour idéal, décale de 24 à 48 h plutôt que de forcer. Note tes dates : au fil d’une saison, tu repères ce qui lève vite et ce qui s’installe mieux.
Entretenir sans perturber les rythmes
Arrose au pied, environ 2 à 3 L/m² quand la terre sèche sur 3 à 5 cm, plutôt le matin. Paille sur 5 à 7 cm pour garder l’humidité. Désherbe par temps sec, en lune descendante, pour limiter la reprise ; évite de bousculer les cultures à racines les jours racines. Une taille légère se pratique plutôt sur jours fleurs ou fruits. Pour relancer une culture fatiguée, un purin d’ortie dilué à 10 % reste un allié simple.
Récolter et conserver en phase avec la Lune
Récolte tôt le matin, par temps sec, plutôt en lune descendante pour les légumes de garde. Respecte le type de jour : feuilles pour les salades, fruits pour les tomates et courges. Laisse cicatriser les courges 10 jours au soleil avant stockage à 15–18 °C, au sec. Les racines se gardent 2 à 3 semaines dans du sable frais ; les feuilles, 2 à 5 jours au froid. Note chaque récolte : tu optimises ainsi la durée de vie de tes légumes sans dogmatisme.
Coûts et ressources nécessaires pour se lancer
Ton premier achat : le calendrier (5 à 20 €)
Pas besoin de sortir la carte bleue pour débuter. Un calendrier lunaire et biodynamie papier coûte entre 5 et 12 € chez un libraire ou en jardinerie, et les agendas lunaires illustrés, plus complets (avec les nœuds lunaires, les jours racines/feuilles/fleurs/fruits et les périodes de semis), tournent autour de 12 à 20 €. Côté numérique, plusieurs applications proposent un accès gratuit avec une version payante à 3-8 € par an. Si tu hésites, commence par le format papier : tu le poses sur l’établi, tu coches les jours au crayon et tu apprends deux fois plus vite qu’en scrollant.
Les préparations biodynamiques : 30 à 60 € pour démarrer
Un kit de base — bouse de corne 500, silice de corne 501, parfois complété par une préparation à base de prêle — coûte généralement entre 30 et 60 € pour de petits conditionnements. C’est largement suffisant pour un potager familial : la préparation 500 s’utilise à raison de quelques dizaines de grammes dilués dans 10 à 20 litres d’eau, dynamisés une heure dans le sens alterné avant pulvérisation. Anticipe deux petits frais annexes : un pulvérisateur dédié d’environ 15 à 25 € et un seau ou une cuve propre. Stocke tes préparations dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière, et vérifie les dates de péremption : une préparation mal conservée perd son efficacité.
Le temps, la ressource la plus sous-estimée
Compte quelques heures de lecture pour comprendre les principes (2 à 3 heures suffisent pour maîtriser la logique des jours racines, feuilles, fleurs et fruits), puis une saison complète pour prendre le rythme. Concrètement : 10 à 15 minutes par semaine pour consulter le calendrier et planifier tes semis, et 1 à 2 heures par mois pour préparer et pulvériser. Rien d’insurmontable, mais c’est un engagement régulier. Si tu veux gagner du temps, une formation d’une journée auprès d’un jardin biodynamique coûte entre 50 et 100 € et t’évite des mois de tâtonnements.
Des ressources gratuites à ne pas négliger
Avant d’investir, exploite ce qui existe déjà :
- Les sites et publications des associations biodynamiques : fiches pratiques, calendriers commentés, protocoles de dynamisation téléchargeables.
- Les vidéos : démonstrations de dynamisation, lectures de calendrier, retours d’expérience de maraîchers.
- Les groupes d’échange : jardins partagés, AMAP, forums et groupes locaux où l’on troque des préparations et des conseils.
- Les bibliothèques et médiathèques : plusieurs ouvrages de référence sur la biodynamie y sont empruntables gratuitement.
Un calcul rapide : 15 € de calendrier, 45 € de kit, 20 € de pulvérisateur, soit environ 80 € la première année. Si tu mutualises les préparations avec deux ou trois voisins jardiniers, tu divises facilement ce budget par deux.
Risques et limites du calendrier lunaire et de la biodynamie
Un jour « feuille » n’est pas un feu vert
Première source de confusion : la lecture des jours lunaires elle-même. La Lune parcourt environ 13° par jour et change parfois de secteur en cours de journée. Résultat : beaucoup de calendriers découpent une même date en deux (jour « fruit » le matin, « racine » l’après-midi), d’autres raisonnent en lune montante/descendante, d’autres encore en constellations. Deux calendriers achetés le même mois, l’un chez un semencier, l’autre en jardinerie, peuvent donc afficher un jour différent pour la même date, avec un décalage pouvant atteindre 24 heures. Si tu changes de source en cours de saison, tu ne compares plus rien.
Le piège concret : transformer une indication en obligation. Un jour « racine » veut dire « priorité aux cultures racinaires si tu as le temps », pas « interdit de repiquer tes salades ». Note tes semis dans un carnet (date, type de jour, levée observée) : au bout de deux saisons, tu sauras si ton potager répond ou non — et tu arrêteras de culpabiliser sur un créneau raté.
Ce que la science dit — et ne dit pas
Sois lucide : sur l’influence lunaire stricte (germination, rendement), les revues de littérature ne trouvent pas d’effet reproductible et significatif. Ce n’est pas un dogme, c’est un constat : personne n’a réussi à reproduire les mêmes résultats dans plusieurs essais indépendants. Pour la biodynamie, l’essai DOK mené en Suisse depuis 1978 compare biodynamique, organique et conventionnel : il montre des sols plus vivants (biomasse microbienne, matière organique supérieures) du côté bio et biodynamique, mais des rendements biodynamiques proches de l’organique et souvent inférieurs au conventionnel, notamment en blé. Les préparations 500 et 501, elles, restent très peu étudiées en conditions réplicables.
Traduction pratique : ce que tu observes chez toi vient souvent d’ailleurs — rotation, compost mûr, paillage, observation des ravageurs. La biodynamie apporte un cadre d’attention utile ; elle ne remplace pas l’agronomie de base.
Ta météo locale a toujours le dernier mot
Un sol à 6 °C, c’est une germination de carotte qui met trois semaines au lieu de dix à douze jours, avec un risque de pourriture avant la levée — même un jour « racine » parfait. Une gelée tardive, une pluie de 20 mm en 48 h, un fond de vallée plus froid de 2 °C qu’un coteau voisin : le calendrier lunaire et biodynamie ne connaît ni ton microclimat ni ton sol argileux.
Retiens cet ordre de priorité : météo et état du sol d’abord, calendrier ensuite.
Le piège de la sur-planification
Consulter le calendrier, cocher les cases, préparer la bouse de corne : 15 à 20 minutes par jour, vite. Pendant ce temps, l’arrosage, le désherbage et le paillage attendent. Signaux d’alerte :
- tu reportes un semis d’une semaine pour « attendre le bon jour » alors que la fenêtre météo se referme ;
- tu n’as pas regardé tes plants sous les feuilles depuis dix jours (limaces, pucerons, mildiou) ;
- tu achètes une préparation supplémentaire avant d’avoir un compost correct.
Un semis fait 48 h « hors jour » dans un sol bien préparé réussit mieux qu’un semis parfaitement calé dans une terre détrempée. Le calendrier est un outil de rythme, pas un substitut à tes yeux et à tes mains dans le jardin.
Réglementation et certification en biodynamie
Demeter, le label qui structure la filière
Quand tu achètes un vin ou un légume étiqueté Demeter, tu ne tombes pas sur un logo décoratif. Créé en 1928, ce label est le plus ancien et le plus répandu des certifications biodynamiques. En France, il est porté par Demeter France, qui contrôle les fermes et jardins professionnels. Son cahier des charges empile deux niveaux : il reprend l’intégralité du règlement bio européen, puis ajoute ses propres exigences. Concrètement, une exploitation Demeter doit consacrer au moins 10 % de sa surface à la biodiversité (haies, mares, bandes fleuries), utiliser les préparations biodynamiques (bouse de corne 500, silice 501, compost), renoncer aux engrais minéraux solubles et limiter les traitements autorisés en bio. La conversion demande au minimum deux ans pour les cultures annuelles, souvent trois pour les vergers et la vigne, avec une année de pratique biodynamique en plus. Le contrôle est annuel et un manquement peut suspendre la certification.
Ce que dit le cadre européen
La biodynamie n’a pas de statut légal distinct dans le règlement (UE) 2018/848, qui encadre la production biologique. Mais ses pratiques respectent ce cadre : une ferme biodynamique est donc contrôlée par un organisme certificateur bio, et ses produits peuvent porter le logo feuille européenne. La mention « biodynamique », elle, relève de certifications privées (Demeter, Biodyvin pour le vin). Autrement dit, l’Europe reconnaît la méthode comme une voie de production biologique, pas comme un label officiel à part. Pour toi, cela signifie qu’un produit Demeter est forcément bio, alors qu’un produit bio n’est pas forcément biodynamique.
Et toi, jardinier amateur ?
Bonne nouvelle : aucune réglementation ne t’oblige à te certifier pour pratiquer la biodynamie dans ton potager. Tu n’as ni contrôle annuel ni cahier des charges à signer. En revanche, quelques bonnes pratiques te permettent de rester cohérent avec l’esprit de la méthode :
- fabriquer ou acheter tes préparations et les appliquer aux bonnes périodes ;
- nourrir le sol avec du compost mûr plutôt qu’avec des engrais solubles ;
- installer des haies, des fleurs et un point d’eau pour accueillir auxiliaires et pollinisateurs ;
- suivre un calendrier lunaire et biodynamie pour caler semis, plantations et récoltes sur les rythmes racines, feuilles, fleurs et fruits ;
- éviter tout pesticide de synthèse et privilégier les rotations de cultures.
Le coût reste modeste : une corne de bouse prête à l’emploi coûte une dizaine d’euros, et un sachet de silice une quinzaine. Tu peux aussi préparer ta bouse de corne toi-même si tu as un peu de place et de patience.
Biodynamie et bio : deux niveaux, pas une opposition
Le bio répond à un cahier des charges réglementaire : substances autorisées, interdiction des OGM, délais de conversion, traçabilité. La biodynamie va plus loin. Elle considère l’exploitation comme un organisme vivant qui doit produire l’essentiel de ses intrants, intégrer des rythmes cosmiques et renforcer la vitalité du sol par des préparations spécifiques. Tu peux donc acheter un légume bio issu d’une grande serre chauffée, alors qu’un légume Demeter aura poussé dans un système plus autonome, en pleine terre et avec une attention portée aux cycles.
À ton échelle, retiens ceci : la certification est utile si tu vends, mais l’esprit compte plus que le tampon. Un potager conduit avec soin, sans intrants de synthèse et au rythme de ton calendrier lunaire, s’inscrit déjà dans cette démarche.
En résumé
- Tu prépares le sol, amendes et compostes en Lune nouvelle, puis tu privilégies semis, plantations et greffes en Lune croissante.
- Tu choisis le jour racine pour semer carottes et radis ou planter pommes de terre, le jour feuille pour salades et aromatiques, le jour fleur pour fleurs et légumes-fleurs, et le jour fruit pour tomates et fruitiers.
- Tu récoltes en Lune décroissante pour la conservation et tu évites les tailles sévères et les traitements sensibles en Pleine Lune.
Questions fréquentes
Quand dois-tu semer avec la Lune croissante ?
En Lune croissante, la sève monte et la partie aérienne se développe : c’est le moment favorable aux semis, aux plantations et aux greffes. Tu peux aussi profiter de la Lune nouvelle pour préparer ton sol et amender.
Comment reconnais-tu un jour racine en biodynamie ?
Un jour racine correspond à la Lune en Taureau, Vierge ou Capricorne, soit l’élément terre. Tu y sèmes et repiques carottes, radis, betteraves, navets et panais, et tu plantes pommes de terre, ail, échalotes et bulbes.
Que peux-tu semer en jour feuille ?
En jour feuille, la Lune est en Cancer, Scorpion ou Poissons, élément eau. Tu sèmes et repiques salades, mâche, roquette, épinards, blettes, poireaux, céleris et choux, et tu récoltes les aromatiques.
Pourquoi dois-tu éviter de tailler en pleine Lune ?
En pleine Lune, l’activité est à son maximum, donc tu évites les tailles sévères et les traitements sensibles. Tu privilégies plutôt l’observation et les récoltes de consommation immédiate.
Que t'apporte la biodynamie au jardin ?
La biodynamie considère ton jardin comme un organisme vivant, sans intrants chimiques de synthèse, avec des préparations à base de bouse de corne, de silice de corne et de compost. Le label Demeter, né dans les années 1930, encadre cette pratique, mais elle se vit d’abord comme une démarche personnelle et expérimentale.