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Jardin d'ornement et aménagement paysager

Création de massifs et bordures : le guide complet

Sylvain Mercier
Sylvain Mercier, Rédacteur jardin d'ornement
Publié le 18 juillet 2026 · Mis à jour le 19 octobre 2026 · 18 min de lecture
Création de massifs et bordures : le guide complet
L'essentiel

Pour créer un massif ou une bordure, distingue d'abord leur logique d'implantation : le massif est une plantation groupée que tu regardes comme un tableau, la bordure est un trait de végétation qui longe une limite. Cette distinction t'évite des ensembles flous, difficiles à entretenir et peu lisibles depuis la terrasse. Avant de dessiner, mesure, observe l'ensoleillement et note les passages.

Qu’est-ce qu’un massif et une bordure ? Définitions et rôles

Un massif et une bordure ne se distinguent pas par leur taille, mais par leur logique d’implantation. Le premier est un espace de plantation groupée, que tu regardes comme un tableau ; la seconde est un trait de végétation qui longe une limite. Confondre les deux au moment de la conception conduit souvent à des ensembles flous, difficiles à entretenir et peu lisibles depuis la terrasse.

Le massif : une plantation groupée qui occupe l’espace

Un massif réunit plusieurs végétaux — vivaces, arbustes, annuelles, bulbes — sur une surface cohérente, avec une intention de composition. Il peut être isolé au milieu d’une pelouse et se lire à 360°, ou adossé à une façade et fonctionner comme une scène vue de face. Pour qu’il tienne visuellement, compte au minimum 1,50 à 2 m de profondeur si tu l’observes depuis une distance de 5 à 10 m : en dessous, les plantes se chevauchent et la structure disparaît. En plantation dense, une vivace de couvre-sol s’installe à raison de 5 à 7 pieds au m², contre 3 à 4 pour des sujets de plus gros calibre.

La bordure : une ligne qui structure et protège

La bordure est linéaire. Elle court le long d’une allée, d’une terrasse, d’un pied de mur ou d’une limite de propriété, sur une largeur souvent comprise entre 30 et 80 cm. Sa fonction première est de marquer une transition : elle empêche la pelouse de grimper sur les paillages, guide le regard vers l’entrée, protège les cultures du piétinement et évite que la tondeuse ne vienne érafler les écorces. Une bordure peut être végétale (buis, lavande, heuchères, graminées), mais aussi minérale : pavés sur chant, bordure acier de 2 mm, plessis bois.

Trois rôles qui se cumulent

  • Esthétique : rythme des floraisons, jeu des textures, étagement des hauteurs. Un massif bien conçu fleurit de février à novembre, pas seulement en juin.
  • Fonctionnel : délimitation claire des espaces, protection contre le vent ou le passage, masquage d’un regard, maintien des terres sur un talus.
  • Écologique : une bordure de vivaces nectarifères nourrit les pollinisateurs dès mars, un massif d’arbustes à baies abrite les oiseaux, et un paillage de 5 à 7 cm d’épaisseur réduit l’arrosage comme le désherbage de moitié environ.

Trois styles pour te repérer

Le massif contemporain travaille les lignes nettes et une palette resserrée — trois à cinq espèces répétées en larges touches, graminées et persistants taillés, contraste avec un sol minéral. Le massif champêtre assume le foisonnement : vivaces rustiques, annuelles ressemées, graminées souples, floraisons successives, avec une tonte de fin d’hiver pour repartir propre. Le massif minéral mise sur graviers, rocailles et plantes sobres en eau (sedum, thym, stipa), avec un paillage de 5 à 8 cm qui limite l’évaporation.

Avant de dessiner, mesure, observe l’ensoleillement et note les passages : c’est de là que part toute création de massifs et bordures réussie.

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Les différents types de massifs et bordures pour votre jardin

Trois familles de massifs à connaître

Le massif surélevé se construit avec une structure de 30 à 40 cm de haut (monte jusqu’à 60 cm si tu veux cultiver des légumes racines ou jardiner sans te courber). Côté matériaux, le bois classe 4 — douglas, mélèze, acacia — tient 10 à 15 ans, l’acier corten bien plus longtemps. Prévois 5 à 10 cm de billes d’argile au fond pour le drainage, un géotextile, puis un mélange 60 % terre de jardin / 40 % compost. Budget indicatif : 60 à 150 € le m² selon la finition. Tu y gagnes un sol maîtrisé, un dos préservé et un vrai relief visuel.

Le massif de vivaces demande de la patience la première année, puis il vit presque seul. Compte 5 à 7 plants par m², en jouant sur les graminées (stipa, molinia) pour le mouvement et sur des floraisons étalées de mars à novembre : hellébores, géraniums vivaces, sauges, asters. Deux à trois interventions par an suffisent : rabattage en fin d’hiver, nettoyage après floraison.

Le massif mixte associe arbustes structurants et fleurs. La règle empirique qui fonctionne : un tiers d’arbustes, deux tiers de vivaces et d’annuelles. Place un arbuste de 1,5 à 2 m tous les 2 à 3 m² pour l’ossature (viburnum, deutzia, hydrangea), et remplis les vides avec des vivaces. C’est la formule la plus polyvalente, celle qui reste belle en hiver grâce aux persistants et aux écorces.

Bordures : cinq options comparées

  • Bois : 15 à 30 € le mètre linéaire en rondins ou planches. Chaleureux, facile à poser, mais à remplacer au bout de 8 à 12 ans.
  • Pierre naturelle : 40 à 90 € le ml. Pavés de granit, calcaire, bordure sciée. Posée sur un lit de sable compacté, elle traverse les décennies sans bouger.
  • Béton : 20 à 40 € le ml en éléments préfabriqués. Le plus durable et le plus neutre ; version coulée possible pour les courbes.
  • Métal : acier corten ou galvanisé, 40 à 70 € le ml. Une lame de 3 à 4 mm suffit. L’acier corten patine en 12 à 18 mois et affirme un jardin contemporain.
  • Végétales : le buis se plante à 4 ou 5 pieds par ml (6 à 12 € le pied) et se taille deux fois par an, en mai et en août. La lavande préfère un sol drainé et du plein soleil : 3 pieds par m², taille après floraison en août, durée de vie 8 à 10 ans.

Comment trancher selon ton terrain

Trois questions avant d’acheter quoi que ce soit. L’exposition : compte les heures de soleil réel — plus de 6 h, c’est du plein soleil et la lavande passe ; 3 à 6 h, oriente-toi vers les hydrangeas et les hostas ; moins de 3 h, mise sur les fougères et les hellébores. Le sol : fais le test du bocal (terre, eau, attente 24 h) pour connaître ta proportion argile/sable ; un sol argileux imposera un massif surélevé, un sol calcaire ouvrira la porte aux plantes méditerranéennes. Le style : corten et béton pour un jardin structuré, bois et pierre sèche pour un esprit champêtre, pierre et lavande pour une ambiance méditerranéenne. Garde en tête que la création de massifs et bordures réussie tient surtout à cette cohérence entre le contenant et le végétal, pas au prix du matériau.

Comment créer un massif et une bordure : étapes clés

Préparer le sol : 80 % du résultat

Avant de penser plantation, pense sous-sol. Un massif mal préparé se rattrape difficilement, et la création de massifs et bordures réussie commence toujours par une bonne demi-journée de travail au sol.

Le désherbage. Arrache à la main les vivaces à rhizomes (chiendent, liseron, prêle) : un simple griffage ne fait que les multiplier. Sur une zone très envahie, couvre d’une bâche noire opaque pendant 4 à 6 semaines en été, le temps que la chaleur et l’absence de lumière épuisent les souches. Ne récupère pas la terre d’un vieux massif sans l’émietter et la trier.

L’amendement. Fais un test de pH (kit à 15-25 € en jardinerie) : la plupart des vivaces de bordure apprécient 6 à 7. Sur sol lourd, incorpore sur 20 cm d’épaisseur un mélange de sable grossier (5-10 cm) et de compost mûr à raison de 5 à 10 kg/m². Sur dalle ou terrasse, prévois au minimum 20 cm de terre végétale — c’est le plancher pour des vivaces et de petits arbustes.

Le nivellement. Griffe, puis râteau, puis contrôle au niveau à bulle posé sur une règle de 2 m. Garde une pente douce de 1 à 2 % vers l’extérieur pour que l’eau file vers la pelouse ou l’allée plutôt que vers tes pieds de plantes. Tasse légèrement au rouleau ou du plat du pied : un sol trop meuble fait « plonger » les mottes après le premier arrosage.

Tracer et poser la bordure

Tends un cordeau entre deux piquets pour les lignes droites ; pour les courbes, pose un tuyau d’arrosage au sol, ajuste-le jusqu’à obtenir le galbe voulu, puis marque au sable ou à la farine. Vérifie tes angles avec la règle 3-4-5 (trois mètres sur un côté, quatre sur l’autre, cinq sur la diagonale : l’angle est droit).

Côté installation :

  • Bordures préfabriquées (béton, résine, acier) : fondation en sable compacté sur 5 cm, joints de 5 à 10 mm, calage au maillet et contrôle au niveau.
  • Bordures maçonnées : semelle béton de 15-20 cm de profondeur sur 10 cm de large, et 24 à 48 h de prise avant de monter les éléments.
  • Bordures souples (bois, plessis) : piquets tous les 80 cm à 1 m, enfoncés d’au moins 20 cm.

Planter, pailler, arroser

Respecte le développement adulte, pas la taille du godet :

  • vivaces de bordure : 30 à 40 cm entre pieds ;
  • vivaces de massif : 40 à 50 cm ;
  • petits arbustes : 80 cm à 1 m ;
  • arbustes structurants : 1,50 à 2 m.

Dispose en quinconce plutôt qu’en ligne pour un rendu plus naturel. Trempe les mottes 10 minutes, creuse un trou deux fois plus large que la motte, et laisse le collet affleurer le sol — pas plus.

Le paillage (bois broyé, cosses de cacao) sur 5 à 7 cm divise par deux à trois les arrosages la première année ; laisse 2 à 3 cm de dégagement autour des tiges. À la plantation, compte 10 à 15 L par sujet, puis deux à trois arrosages copieux par semaine pendant trois semaines. Ensuite, laisse sécher entre deux arrosages : les racines iront chercher l’eau.

Coûts et budget pour la création de massifs et bordures

Ce que pèsent réellement les bordures et les massifs

Les écarts de prix sont énormes d’un projet à l’autre, et c’est normal : une bordure de plessis et une bordure en pierre calcaire n’ont rien en commun, ni en matériau, ni en pose. Voici les ordres de grandeur à garder en tête pour ta création de massifs et bordures.

Bordures (prix au mètre linéaire) :

  • Plessis de châtaignier ou de saule : 5 à 15 €/ml en fourniture, un peu plus si tu le poses toi-même avec des piquets tous les 50 cm.
  • Bordure bois ou composite à clipser : 10 à 25 €/ml.
  • Bordure béton moulée sur place : 25 à 50 €/ml, car elle demande un coffrage et un temps de séchage de 24 à 48 h avant remise en terre.
  • Bordure en pierre naturelle (granit, calcaire, grès) : 30 à 50 €/ml, avec une marge haute si les blocs sont de gros calibre et nécessitent un engin de levage.

Massifs (prix au mètre carré, plante + substrat + pose) :

  • Massif de vivaces et d’annuelles en godets de 9 cm : 20 à 40 €/m².
  • Massif mixte vivaces + arbustes de petit développement : 45 à 70 €/m².
  • Massif structuré avec sujets de 3 à 5 ans, terre végétale enrichie et paillage : 70 à 100 €/m².

À titre d’exemple, un massif de 8 m² planté en godets revient à environ 8 × 25 = 200 € de plantes, 30 € de terreau et d’amendement, plus 4 h de préparation et de plantation : à 40 €/h, tu arrives autour de 390 €, soit près de 49 €/m².

Les trois postes qui font varier la note

Le matériau de bordure. C’est le premier écart de budget : entre un plessis à 8 €/ml et une bordure granit à 45 €/ml, tu multiplies la dépense par plus de cinq sur la même longueur. Le prix grimpe aussi avec la hauteur et l’épaisseur : une bordure de 15 cm de haut coûte nettement moins qu’une bordure de 30 cm.

La surface et la densité de plantation. Plus le massif est grand, plus le prix au m² baisse : au-delà de 30 m², la préparation du sol et les déplacements sont amortis. À l’inverse, un massif suremplombé (densité de 7 à 9 plants/m² au lieu de 5) ajoute 30 à 40 % au poste plantes.

La main-d’œuvre. Elle représente couramment 40 à 60 % de la facture. Compte 35 à 50 €/h pour un professionnel, et un délai de 1 à 2 jours pour un massif de 20 m² avec bordures. Si tu fais tout toi-même, tu économises cette part, mais prévois le temps : le désherbage et le décaissement prennent souvent plus de temps que la plantation.

Trois astuces pour alléger la facture

  • Récupère les pierres. Un vieux muret démonté, des pavés de récupération ou des pierres de champ glanées en bordure de parcelle te font une bordure à 0 € de fourniture. Compte seulement le transport et un peu de mortier si tu scelles.
  • Plante en godets de 9 cm plutôt qu’en pots de 2 ou 3 L. Le prix est divisé par 2 à 3, et les vivaces rattrapent leur retard en une saison si tu les plantes au bon moment (automne idéalement).
  • Mise sur le paillage et la division. Un paillage de 5 à 7 cm (2 à 4 €/m²) réduit l’arrosage et le désherbage de moitié la première année. Et tous les 2 à 3 ans, tu divises tes vivaces : de quoi regarnir un massif sans acheter un seul plant.

Risques et erreurs fréquentes à éviter

Trois erreurs reviennent sans cesse dans les jardins. Elles ne se voient pas tout de suite, mais elles coûtent cher en plantes, en temps et en argent. Voici comment les repérer et les corriger avant qu’elles ne s’installent durablement.

Un sol qui retient l’eau : les racines étouffent

Le mauvais drainage est la première cause de mortalité des jeunes plants en massif. Dans un sol argileux ou en cuvette, l’eau stagne, les racines manquent d’oxygène et les champignons pathogènes s’installent. Résultat : des feuilles qui jaunissent, un port qui s’affaisse, puis une pourriture brune et molle au collet. Un test simple : creuse un trou de 30 cm de profondeur, remplis-le d’eau et regarde. Si l’eau met plus de 24 heures à disparaître, ton drainage est insuffisant.

Pour corriger, décompacte sur 30 à 40 cm et incorpore 20 à 30 % de sable grossier et de compost. Donne une légère pente de 2 à 3 % à la surface du massif. Pour une bordure surélevée, prévois une couche drainante de 10 cm de graviers au fond. Et surtout, ne force pas : dans un sol lourd et humide, une lavande ou un romarin pourrissent en quelques semaines. Oriente-toi vers des vivaces tolérantes à l’humidité (sauge des marais, gaura, iris des marais) et garde les plantes de garrigue pour les zones bien drainées.

Des plantes choisies à l’aveugle

Une plante en pleine forme au magasin peut dépérir en trois semaines chez toi. L’erreur classique : acheter un coup de cœur sans vérifier l’exposition réelle de ton massif. Un hortensia planté en plein soleil brûle dès la première canicule. Une graminée frileuse gèle sous -10 °C. Une plante de terre de bruyère jaunit en sol calcaire.

Avant d’acheter, observe ton jardin : combien d’heures de soleil direct ? Quel est le pH du sol (un kit coûte 10 à 15 €) ? Y a-t-il du vent ? Note la rusticité sur l’étiquette et compare-la à ta zone. Pour la création de massifs et bordures, pense aussi à l’espacement : une vivace achetée en godet de 9 cm peut atteindre 80 cm en deux ans. Respecte les distances de plantation indiquées, sinon les plants s’étouffent et tu devras diviser ou déplacer.

Une bordure mal fixée qui travaille

Une bordure qui ondule, s’affaisse ou se déplace de 5 à 10 cm en deux ans, c’est une bordure mal calée. Les causes sont toujours les mêmes : pas de fondation, lit de sable insuffisant, piquets trop espacés. Avec le gel-dégel et les racines, la structure bouge, la terre s’échappe et le gazon envahit le massif.

Pour une bordure en bois ou en acier, fixe des piquets tous les 50 cm, enfoncés sur 20 cm de profondeur, sur un lit de sable compacté. Pour une bordure maçonnée, coule une semelle de 10 cm avant de monter les éléments. Vérifie l’alignement avec un cordeau tendu. Côté durée de vie : un bois non traité tient 5 à 8 ans, un acier galvanisé 15 à 20 ans. Une bordure bien posée reste stable et nette, sans reprise annuelle.

Corrige ces trois points dès la conception : ton massif sera plus résistant, tes plantes plus belles et ton entretien plus léger.

Réglementation et bonnes pratiques pour les massifs et bordures

Avant de dessiner ton massif au cordeau, sors le mètre ruban. Un lit de vivaces qui déborde de 40 cm sur le trottoir ou une haie qui frôle la clôture, et ce sont des semaines de discussion avec le voisinage — parfois une mise en demeure. Trois règles suffisent à sécuriser ton projet : les distances légales, la liste des plantes interdites et les contraintes locales d’urbanisme.

Les distances à respecter avec le voisinage

Les articles 671 à 673 du Code civil fixent le cadre par défaut, sauf règlement de copropriété ou usage local contraire :

  • Plantation de 2 m et plus de hauteur : 2 m minimum entre le pied et la limite séparative.
  • Plantation de moins de 2 m : 0,50 m minimum.
  • Arbres de haute tige : la même règle s’applique, mais la hauteur se mesure du sol jusqu’à la cime, pas au tronc.

Attention au piège classique : une haie de photinias plantée à 60 cm de la clôture il y a six ans respecte la règle tant qu’elle reste sous 2 m. Si tu la laisses filer à 2,20 m, tu changes de catégorie — et tu changes de distance légale. Ton voisin peut alors exiger que tu la ramènes à la hauteur réglementaire, à tes frais. Sache aussi que si la plantation a plus de 30 ans, il ne peut plus en demander l’arrachage, seulement l’élagage à la limite légale.

Pour ta haie, plante donc le premier sujet à 1 m de la clôture si tu vises une haie de 1,80 m : tu gardes de la marge pour tailler sans passer chez l’autre. Et si tu veux tailler côté voisin, il te faut son accord — sinon, c’est à lui d’entretenir la partie qui dépasse, mais tu ne peux pas y toucher.

Deux espèces à ne surtout pas planter

La réglementation européenne (règlement UE n° 1143/2014) et l’arrêté du 14 février 2018 encadrent les espèces exotiques envahissantes. Concrètement, introduire ces végétaux dans le milieu naturel est interdit, et plusieurs sont déjà interdits à la vente. Les deux stars du catalogue à fuir pour une création de massifs et bordures :

  • La renouée du Japon (Fallopia japonica) : bouture à partir d’un fragment de rhizome de 2 cm, capable de traverser un dallage.
  • Le baccharis (Baccharis halimifolia) : colonise les sols salés du littoral et les friches, et se ressème massivement.
  • À surveiller aussi : l’herbe de la pampa, l’ailante, le buddleia de David, le séneçon du Cap.

Remplace-les sans regret par des persistants sobres : Elaeagnus ‘Quicksilver’, Pittosporum tenuifolium, Viburnum tinus.

Copropriété et PLU : vérifie avant de creuser

Trois questions à te poser avant de valider ton plan :

  1. Ton règlement de copropriété — même si tu as la jouissance exclusive d’un jardin privatif, il peut imposer une hauteur de clôture maximale, interdire certaines essences ou exiger l’accord de l’assemblée générale pour tout aménagement visible depuis la rue.
  2. Le PLU ou le plan local d’urbanisme — il peut limiter la hauteur des clôtures (souvent 1,80 m à 2 m), imposer une déclaration préalable en zone pavillonnaire, interdire les espèces allergisantes ou fixer des coefficients de pleine terre.
  3. Les protections spécifiques — un site classé, un espace boisé classé ou l’avis d’un Architecte des Bâtiments de France imposent une autorisation pour l’abattage d’un arbre ou un mur de soutènement.

Un passage de cinq minutes à la mairie pour consulter le règlement d’urbanisme t’évite un refus d’autorisation… ou une haie à arracher.

Entretien et durabilité de vos massifs et bordures

Le calendrier d’entretien : ce qui revient, et à quelle fréquence

Un massif bien conçu te demande entre 20 et 40 minutes d’entretien par mois et par tranche de 10 m², une fois la plantation installée. C’est le prix d’un rendu net, et ça se répartit sur trois gestes simples.

  • Le désherbage : un passage toutes les deux à trois semaines d’avril à septembre, à la main ou à la binette sur les 5 premiers centimètres du sol. Un massif paillé correctement divise ce temps par deux : l’ombre du paillis empêche 70 à 80 % des levées de graines adventices.
  • La taille : les vivaces remontantes se rabattent après la première floraison (souvent fin juin), les graminées attendent la fin de l’hiver, en février-mars, pour ne pas perdre leur silhouette givrée. Les arbustes de haie taillés au carré passent à deux reprises, en juin et en septembre ; une troisième coupe systématique fatigue la plante et vide le centre.
  • Le paillage : compte 5 à 7 cm d’épaisseur à la plantation, puis un rechargement de 2 à 3 cm chaque printemps. Les paillis organiques (BRF, écorces) se décomposent en 18 à 24 mois ; les paillis minéraux (graviers, ardoise) tiennent dix ans mais demandent un désherbage manuel plus régulier.

Pour le matériel, un sécateur bien affûté et une binette à lame fine suffisent dans 90 % des cas.

Bois, pierre : protéger avant que ça ne casse

Une bordure en bois non traitée se dégrade vite au contact du sol humide : compte 5 à 8 ans pour des planches de pin brut, contre 15 à 20 ans pour du douglas ou du châtaignier. Une lasure appliquée tous les deux à trois ans, sur bois sec et propre, en deux couches fines, rallonge nettement la durée de vie. Brosse avant, dépoussière, puis applique par temps sec entre 10 et 25 °C — en plein soleil, la lasure sèche trop vite et laisse des traces.

Côté pierre, la mousse n’est pas un problème en soi, mais elle retient l’humidité. Un nettoyage annuel à la brosse dure et au jet à basse pression (moins de 80 bars) suffit. Évite le nettoyeur haute pression sur du calcaire tendre : il ouvre les pores et accélère l’érosion. Sur les bordures maçonnées, vérifie les joints tous les deux ans et reprends ceux qui s’effritent avant l’hiver.

Repérer le vieillissement et remplacer au bon moment

Les signaux ne trompent pas : planche qui gondole ou qui sonne creux, joint de pierre qui s’effrite sur plus d’un centimètre, pied de vivace qui se dégarnit en son centre, arbuste qui ne repart plus que sur le vieux bois. Un élément dégradé se remplace avant de contaminer le voisinage — une planche pourrie attire l’humidité sur la suivante.

Pour les végétaux, la division des vivaces tous les trois à cinq ans (au printemps ou à l’automne, quand le pied est épuisé au centre) est le geste le plus rentable : tu rajeunis la plante et tu obtiens des éclats gratuits pour compléter ta création de massifs et bordures ailleurs dans le jardin. Un massif vivace bien entretenu se renouvelle ainsi par lui-même, sans tout replanter.

En résumé

  • Compte au minimum 1,50 à 2 m de profondeur pour un massif observé depuis 5 à 10 m, sinon les plantes se chevauchent et la structure disparaît.
  • Marque une transition avec une bordure de 30 à 80 cm de large pour empêcher la pelouse de grimper sur les paillages, guider le regard ou protéger les cultures du piétinement.
  • Avant d'acheter, compte les heures de soleil réel, fais le test du bocal pour connaître ta proportion argile/sable et choisis ton style selon ton terrain.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un massif et une bordure ?

Un massif est une plantation groupée que tu regardes comme un tableau ; une bordure est un trait de végétation qui longe une limite.

Quelle profondeur prévoir pour ton massif ?

Compte au minimum 1,50 à 2 m de profondeur si tu observes ton massif depuis 5 à 10 m ; en dessous, les plantes se chevauchent et la structure disparaît.

Combien de plants par m² prévoir pour ton massif de vivaces ?

Compte 5 à 7 plants par m² pour ton massif de vivaces, en jouant sur les graminées pour le mouvement et sur des floraisons étalées de mars à novembre.

Quelle hauteur prévoir pour ton massif surélevé ?

La structure de ton massif surélevé fait 30 à 40 cm de haut ; tu peux monter jusqu'à 60 cm si tu veux cultiver des légumes racines ou jardiner sans te courber.

Quel matériau choisir pour ta bordure si tu veux quelque chose de durable ?

Si tu veux du durable, le béton est le plus durable et le plus neutre, à 20 à 40 € le ml en éléments préfabriqués ; la pierre naturelle posée sur un lit de sable compacté traverse les décennies sans bouger.

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Rédacteur jardin d'ornement

Sylvain Mercier est Rédacteur jardin d'ornement. Les guides citent leurs sources. Spécialités : Plantes Vivaces Et Annuelles, Arbustes Et Haies, Rosiers Et Plantes Grimpantes.

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