Multiplication : semis, boutures, marcottage
Publié le 5 octobre 2026 · 18 min de lecture

La multiplication des plantes repose sur trois méthodes principales : le semis, les boutures et le marcottage, qui se répartissent entre voie sexuée (graines, individus génétiquement uniques) et multiplication végétative (clones fidèles au pied mère). Choisir entre elles dépend de l’espèce, du nombre de plants voulus, du temps disponible et du niveau de fidélité recherché. Ces techniques permettent d’économiser, de conserver des variétés anciennes et de produire la quantité exacte au bon moment.
- Qu’est-ce que la multiplication des plantes ? Définition et enjeux
- Les trois grandes méthodes : semis, boutures et marcottage
- Comment réussir ses semis ? Étapes et conditions clés
- Bouturage : techniques, outils et taux de réussite
- Marcottage : variantes et mise en pratique
- Coûts, risques et réglementation de la multiplication
- Comparaison des méthodes : quand choisir semis, bouture ou marcottage ?
Qu’est-ce que la multiplication des plantes ? Définition et enjeux
La multiplication des plantes, c’est l’ensemble des gestes qui te permettent d’obtenir de nouveaux individus à partir d’un végétal déjà en place. Elle repose sur trois grandes portes d’entrée — le semis, les boutures et le marcottage — et se répartit en deux logiques bien distinctes : la voie sexuée et la voie végétative. Comprendre cette distinction, c’est déjà savoir quoi faire selon l’objectif que tu vises.
Semis d’un côté, multiplication végétative de l’autre
La multiplication sexuée passe par la fleur, la pollinisation et la graine. Chaque semis issu d’une fécondation est un individu génétiquement unique : c’est ce qui fait la richesse d’un potager, mais aussi son imprévisibilité. Ressème les graines d’une tomate ‘Cœur de Bœuf’ et tu pourras obtenir des fruits plus petits, plus tardifs ou différemment parfumés. Les lignées paysannes stables limitent ce phénomène, jamais ne l’annulent.
La multiplication végétative, elle, produit des clones. Boutures, marcottage, division de touffe ou greffage prélèvent un fragment de la plante mère et en conservent le patrimoine génétique à l’identique. Un figuier marcotté donnera exactement les mêmes figues que son pied mère, et un rosier bouturé fleurira dans les mêmes tons. Autre avantage : la mise à production est plus rapide. Un pommier greffé entre en fructification en 3 à 5 ans, contre 8 à 10 ans pour un semis.
Un calcul économique qui saute aux yeux
Le premier levier, c’est le portefeuille. Un godet de tomate en jardinerie coûte entre 2,50 et 4 €. Un sachet de 30 graines de variété ancienne s’achète 3 à 4 €, soit 10 à 15 centimes le plant une fois repiqué. Sur 20 pieds, l’écart dépasse facilement les 50 €. Les boutures et le marcottage font encore mieux : le coût se résume au substrat et à l’étiquette, puisque le matériel végétal vient de ton jardin.
Pour un professionnel, la multiplication maîtrisée représente une autonomie stratégique : produire ses propres plants de vivaces ou d’arbustes, c’est sécuriser ses chantiers et sa marge. Une pépinière qui bouture ses propres lavandes ou ses hortensias économise l’achat de jeunes plants et maîtrise la traçabilité variétale.
Conserver les variétés et produire en quantité
Ces techniques servent aussi la conservation. De nombreuses variétés anciennes — pommes, vignes, figuiers, mais aussi vivaces horticoles — ne se maintiennent que par multiplication végétative. Sans bouturage ni marcottage, elles disparaissent. À l’inverse, le semis entretient la diversité génétique et permet de sélectionner des sujets adaptés à ton terroir.
Côté production, tout est affaire de planification :
- Semis : 20 plants de salades à partir d’un sachet, germination en 5 à 10 jours à 18-20 °C.
- Boutures : 70 à 90 % de réussite sur des espèces faciles (fusain, sureau, géranium), en 3 à 6 semaines.
- Marcottage : un fraisier produit 3 à 5 stolons exploitables en une saison ; un chèvrefeuille marcotté s’enracine en 6 à 10 semaines.
Tu l’as compris : multiplier, ce n’est pas seulement économiser. C’est gagner en autonomie, préserver un patrimoine végétal et produire la quantité exacte dont tu as besoin, au bon moment.
Les trois grandes méthodes : semis, boutures et marcottage
En multiplication : semis, boutures et marcottage répondent à des logiques bien différentes. Le choix dépend de l’espèce, du nombre de plants souhaités, du temps disponible et du niveau de fidélité au pied mère.
Semis : la voie des graines
Le semis reproduit une plante à partir de sa graine. Tu sèmes en pleine terre, en godet ou en plaque alvéolée, puis tu contrôles humidité, température et lumière. Une tomate lève souvent en 5 à 10 jours à 20-25 °C, une carotte demande 10 à 20 jours, tandis qu’une pivoine ou certains arbres exigent une stratification froide de 2 à 4 mois à 3-5 °C.
Ses atouts :
- coût très faible : un sachet de graines potagères coûte souvent 2 à 5 € pour des dizaines, voire des centaines de plants ;
- diversité génétique : idéal pour créer, sélectionner ou adapter une variété ;
- racine pivotante fréquente, ce qui aide en sol sec ;
- conservation simple : 2 à 5 ans pour beaucoup de graines, au sec et à l’abri de la chaleur.
Ses limites :
- délai avant floraison ou fructification : quelques mois pour une annuelle, plusieurs années pour un arbre ;
- variabilité : un semis de pommier ou de rosier ne redonne pas exactement le parent ;
- germination capricieuse : dormance, besoin de lumière ou de froid ;
- risques de fonte des semis, limaces, oiseaux et sécheresse.
Boutures : reproduire à l’identique
La bouture consiste à prélever un fragment sur la plante mère : tige, feuille ou racine. Pour les tiges, pense au géranium, à la menthe, au rosier ou à l’hortensia. Pour les feuilles, au saintpaulia ou au bégonia. Pour les racines, à l’anémone du Japon, au phlox ou au pavot d’Orient.
En pratique, tu coupes une tige de 10 à 15 cm avec 3 à 5 nœuds, si possible juste sous un nœud. Tu supprimes les feuilles basses, tu trempes éventuellement la base dans une hormone de bouturage (AIB à 0,1-0,3 % pour les ligneux), puis tu installes dans un substrat drainant : sable, perlite ou terreau léger. Vise 80 à 90 % d’humidité, 18 à 24 °C et une lumière tamisée. Les taux de réussite varient : plus de 90 % pour la menthe dans l’eau, 80 à 90 % pour le géranium, 50 à 80 % pour le rosier sous brumisation.
Ses limites : les boutures donnent des clones, donc une diversité génétique nulle ; elles sont sensibles aux maladies et certaines espèces restent lentes ou difficiles.
Marcottage : l’enracinement sur pied
Ici, la branche reste attachée à la plante mère. Tu l’incises, la couches ou l’enterres, tu maintiens la zone humide, puis tu sépares seulement quand les racines sont formées. Le marcottage en couche convient à la vigne ou à la ronce, le marcottage en archet au forsythia ou à l’hortensia, le buttage au cognassier ou au noisetier, et le marcottage aérien au ficus.
Compte souvent une saison de végétation, soit 6 à 12 mois, parfois moins en serre. L’avantage est net : la branche continue d’être nourrie par la mère, ce qui donne un taux de réussite élevé et un plant robuste. En revanche, tu obtiens peu de plants par pied mère, la méthode est encombrante et plus lente qu’une bouture.
Comment réussir ses semis ? Étapes et conditions clés
Choisir ses graines et le bon moment
La réussite d’un semis commence bien avant de mettre les graines en terre. Dans la multiplication des plantes, le semis, les boutures et le marcottage n’ont pas les mêmes exigences : le semis dépend d’abord de la qualité des graines et du timing. Vérifie la date de péremption : des graines fraîches de tomate germent à 90-95 %, alors qu’au-delà de 3-4 ans, le taux chute souvent sous 50 %. Pour les laitues, compte 80-90 % la première année. Achète chez des semenciers fiables, stocke dans un bocal hermétique au frais (5-10 °C) et à l’abri de la lumière.
La période varie selon l’espèce et ton climat. En France, sous abri chauffé, tu sèmes les tomates de mi-février à fin mars, les aubergines et poivrons dès janvier-février. Les laitues se sèment de mars à août en extérieur, les radis de mars à septembre. Attends que le sol atteigne 10-12 °C pour les semis directs (pois, carottes). Un semis trop précoce sans lumière suffisante donne des plants filés, irrécupérables.
Substrat, température et arrosage : les trois piliers
Un substrat adapté fait gagner des semaines. Utilise un terreau spécial semis, fin, léger et drainant, avec un pH entre 6 et 7. Évite les terreaux enrichis en compost : trop d’azote brûle les jeunes racines. Mélange 2/3 terreau de semis et 1/3 sable fin ou perlite pour aérer.
La température est critique. La plupart des légumes germent entre 18 et 25 °C. Les tomates et courges apprécient 20-25 °C ; les laitues et épinards préfèrent 15-20 °C. En dessous de 12 °C, la germination s’arrête ou prend 2 à 3 fois plus de temps. Un tapis chauffant à 20-25 °C accélère tout : les tomates lèvent en 5-10 jours au lieu de 15-20.
Pour l’arrosage, oublie le jet. Pulvérise finement ou pratique le bassinage : tu poses la caissette dans 2-3 cm d’eau pendant 10-15 minutes, le substrat absorbe par capillarité. Garde le substrat humide comme une éponge essorée, jamais détrempé. L’excès d’eau provoque la fonte des semis (champignons du genre Pythium). Aère 10 minutes par jour pour éviter la condensation.
Repiquage et soins après germination
Dès que 2 à 4 vraies feuilles apparaissent (pas les cotylédons), repique. C’est le moment où les racines commencent à se chevaucher. Manipule les plants par les feuilles, jamais par la tige. Utilise des godets de 7-9 cm avec du terreau ordinaire. Enterre la tige jusqu’aux premières feuilles pour les tomates : des racines adventives se formeront.
Après repiquage, place les plants à la lumière vive, 12 à 16 heures par jour. Une fenêtre au sud ne suffit pas en hiver : complète avec une lampe LED horticole à 20-30 cm. Arrose modérément, laisse sécher la surface entre deux arrosages. Une semaine avant la plantation, durcis les plants : sors-les 2 heures le premier jour, puis augmente progressivement jusqu’à 8-10 heures, en les protégeant du vent.
Surveille les pucerons et les aleurodes dès le repiquage. Un voile anti-insectes ou une pulvérisation de savon noir (10 g/L) suffit souvent. Avec ces étapes, tu obtiens des plants robustes, prêts à affronter le jardin.
Bouturage : techniques, outils et taux de réussite
Les trois types de boutures selon la maturité du rameau
Le bouturage n’est pas une technique unique. On distingue trois grandes catégories, qui dépendent de la période de prélèvement et de l’état du rameau.
- Bouture herbacée : prélevée au printemps sur des tiges tendres et vertes. Idéale pour les plantes d’intérieur (impatiens, géranium) et certains vivaces. Le taux de réussite peut atteindre 90 % sous mini-serre, avec un enracinement en 2 à 4 semaines. Elles sont fragiles : il faut absolument éviter qu’elles flétrissent.
- Bouture semi-ligneuse : prélevée en été (juillet-août) sur des rameaux qui commencent à durcir. C’est la méthode reine pour les arbustes (rosiers, hibiscus, fuchsias). Compte 4 à 8 semaines pour l’enracinement, avec un taux de réussite moyen de 60 à 80 % si tu gardes une humidité constante.
- Bouture ligneuse : prélevée en automne ou en hiver sur du bois dur, après la chute des feuilles. Parfaite pour les arbres et arbustes rustiques (forsythia, troène, groseillier). L’enracinement est plus lent (2 à 6 mois) et le taux varie de 30 à 70 % selon l’espèce. Un passage par une serre froide ou une plaque de coco améliore nettement les résultats.
Le matériel indispensable pour maximiser tes chances
Tu n’as pas besoin d’un laboratoire, mais quelques outils font la différence.
- Substrat : oublie la terre du jardin. Utilise un mélange léger, drainant et stérile. Le classique : 50 % terreau de semis + 50 % perlite ou vermiculite. Le sable de rivière lavé fonctionne aussi très bien pour les boutures ligneuses. Un pH neutre (6,5-7) convient à la majorité des espèces.
- Hormone de bouturage : en poudre ou en gel, elle contient de l’acide indolbutyrique (AIB). Une boîte coûte entre 5 et 10 € et permet de traiter des centaines de boutures. Selon les espèces, elle améliore le taux de réussite de 10 à 30 % et accélère la formation des racines. Pour les plantes faciles (menthe, tradescantia), tu peux t’en passer.
- Outils : un sécateur désinfecté à l’alcool (pour éviter les maladies), une mini-serre ou un sac plastique transparent, un brumisateur, et des étiquettes pour noter la variété et la date.
Les facteurs qui font ou défont l’enracinement
Trois paramètres sont critiques.
- L’humidité : le substrat doit être humide en permanence, mais jamais détrempé. L’air ambiant doit rester saturé (80-90 % d’humidité relative). La mini-serre est ton alliée : elle maintient ce taux sans noyer les racines. Attention à la pourriture grise (Botrytis) si tu laisses trop d’eau stagnante.
- La lumière : pas de soleil direct, qui brûlerait les boutures. Une lumière tamisée, diffuse, pendant 12 à 16 heures par jour est idéale. Si tu boutures en intérieur, une lampe horticole à 20-30 cm au-dessus des plants suffit.
- La température : la plupart des espèces s’enracinent entre 18 et 24 °C. Une chaleur de fond de 20-22 °C stimule la rhizogenèse. À l’inverse, en dessous de 15 °C, tout ralentit.
Parmi les trois piliers de la multiplication : semis, boutures, marcottage, le bouturage est souvent le plus rapide pour obtenir une plante identique au pied mère. Mais il exige une surveillance quotidienne. Observe, aère, brumise : c’est dans les premiers jours que tout se joue.
Marcottage : variantes et mise en pratique
Quatre variantes, quatre usages
Le marcottage tire parti d’une aptitude naturelle des végétaux : produire des racines au contact d’un milieu humide. Contrairement aux boutures, la future plante reste alimentée par la plante mère jusqu’à son sevrage, ce qui explique des taux de reprise souvent supérieurs à 80 %, même sur des espèces réputées difficiles.
Le marcottage simple (par couchage). Tu choisis une branche basse et souple, tu la couches vers le sol, tu l’enterres sur 10 à 15 cm et tu redresses l’extrémité verticalement à l’aide d’un tuteur. Une incision annulaire ou en languette, juste sous un nœud, multiplie par deux ou trois la vitesse d’enracinement. Idéal pour le cornouiller, le forsythia, le weigela ou la clématite.
Le marcottage aérien. Pour les branches trop hautes ou rigides : tu pratiques une incision, tu glisses de la mousse de sphaigne humide (3 à 5 € le sachet en jardinerie) ou un godet de substrat, puis tu enveloppes le tout dans un film plastique maintenu aux deux extrémités. Résultat : 4 à 8 semaines sur un ficus, 3 à 6 mois sur un camélia ou un agrumier.
Le marcottage en cépée (ou par buttage). Tu rabats la souche à 5 cm en fin d’hiver, tu laisses les rejets se développer, puis tu buttes progressivement de la terre au pied au printemps et en été. Chaque rejet s’enracine. C’est la technique historique des pépiniéristes pour multiplier les porte-greffes de pommier (M9, M106) et de cognassier.
Le marcottage en serpent. Sur un rameau long et flexible, tu alternes sections enterrées et sections aériennes. Chaque coude enterré donnera un plant distinct : jusqu’à 3 à 5 plants sur un seul sarment de vigne ou de ronce sans épines.
Des plantes qui s’y prêtent
- Arbustes : hortensia, buis, deutzia, groseillier ornemental, saule, myrtille.
- Grimpantes : glycine, chèvrefeuille, jasmin, lierre, clématite à petites fleurs.
- Fruitiers et petits fruits : figuier, noisetier, cognassier, vignes, framboisier et mûrier (par drageons et marcottage simple), cognassier du Japon.
- Plantes d’intérieur : ficus, dracaena, monstera, chlorophytum.
À l’inverse, les arbres à noyau (cerisier, pêcher, prunier) se marcottent mal : passe par le semis ou le greffage.
Séparation et transplantation : le bon timing
Le principe est simple : on ne sépare que lorsque le système racinaire est constitué, pas avant.
- Marcottage simple : 6 à 12 mois selon l’espèce. Coupe le rameau côté pied mère en automne, après la chute des feuilles, ou en fin d’hiver avant le débourrement.
- Marcottage aérien : attends que les racines soient brunes et mesurent 3 à 5 cm (souvent 2 à 4 mois). Sevrage progressif sur 8 à 15 jours avant la coupe définitive, puis rempotage.
- Marcottage en cépée : séparation à l’automne suivant ou au printemps de la deuxième année, quand chaque rejet possède ses propres racines.
- Marcottage en serpent : découpe à l’automne, chaque tronçon devenant un plant autonome.
Dans tous les cas, transplante hors gel et hors canicule, en conservant une motte intacte et en arrosant copieusement les deux premières semaines. Tu obtiens ainsi des sujets identiques à la plante mère, sans le moindre semis ni bouture — la multiplication la plus fidèle qui soit.
Coûts, risques et réglementation de la multiplication
Budgets comparés : de 5 € à 50 € selon la méthode
Côté finances, la multiplication : semis, boutures, marcottage n’ont pas le même ticket d’entrée. Voici des ordres de grandeur réalistes, testés sur le terrain.
Semis : c’est la méthode la plus économique pour produire du volume. Un sachet de graines de tomates ou de fleurs annuelles coûte entre 2 et 5 €. Ajoute un substrat spécial semis (5 à 8 € les 20 L) et des godets ou plaques alvéolées (3 à 6 € réutilisables). Une mini-serre plastique avec couvercle : 8 à 15 €. Total pour démarrer : 15 à 25 €, mais tu obtiens des dizaines de plants là où tu en achèterais 6 pour 12 €.
Boutures : le coût grimpe avec les hormones et le matériel de coupe. Hormone de bouturage en poudre ou gel : 5 à 10 €. Un sécateur propre et désinfecté (achat durable : 20 à 40 €). Substrat drainant (sable + terreau) : 6 à 10 €. Godets et étiquettes : 3 à 5 €. Total : 20 à 40 €, mais tu réutilises le sécateur des années.
Marcottage : le moins cher en consommables. Tu as besoin de substrat (2 à 4 €), de fil de cuivre ou de attaches (2 €), et éventuellement d’un couteau bien affûté. Pas d’hormone indispensable. Moins de 10 € pour des plants qui restent attachés au pied mère jusqu’à l’enracinement.
Les pièges à éviter : maladies, échecs et hybridation
Même avec un petit budget, les pertes peuvent être importantes. Les trois risques majeurs :
- Maladies fongiques : la fonte des semis (Pythium, Rhizoctonia) tue jusqu’à 70 % des jeunes plants en 48 h si le substrat reste détrempé et l’air confiné. Aère, arrose par le bas, utilise un substrat stérilisé.
- Échecs d’enracinement : le bouturage de plantes ligneuses (rosier, hortensia) plafonne souvent à 40-60 % sans hormone ni brumisation. Le marcottage aérien, lui, réussit à 80-95 % car la sève continue d’alimenter la branche.
- Hybridation : si tu récoltes tes propres graines sur des variétés F1 (tomates, courges), tu obtiens des plants différents du parent, parfois stériles ou moins productifs. Pour conserver une variété pure, bouture ou marcotte.
Variétés protégées : ce que dit la loi
La réglementation est claire : depuis le Code de la propriété intellectuelle, une variété végétale peut être protégée par un Certificat d’Obtention Végétale (COV). Cela couvre des milliers de cultivars : rosiers, pommiers, clématites, géraniums… Tu as le droit de multiplier ces variétés pour ton usage personnel, mais pas de les revendre, échanger ou donner sans autorisation de l’obtenteur. La multiplication à des fins commerciales (pépinière, marché) est interdite pendant 25 à 30 ans. En cas de doute, vérifie l’étiquette : la mention “variété protégée” ou le sigle COV t’alerte. Pour les semences potagères, la loi est plus souple : tu peux ressemer tes graines de tomates non-hybrides, mais pas revendre les semences d’une variété inscrite au catalogue officiel sans agrément.
Comparaison des méthodes : quand choisir semis, bouture ou marcottage ?
Les trois critères qui changent tout
Avant de te lancer, pèse ces trois paramètres : rapidité, fidélité génétique et difficulté. La multiplication : semis, boutures, marcottage n’offre pas les mêmes résultats.
- Rapidité : le semis de radis lève en 3 à 4 jours, mais un marcottage de clématite demande 2 à 3 mois avant sevrage. La bouture de géranium s’enracine en 2 à 3 semaines.
- Fidélité génétique : le semis donne des plants variables (sauf lignées stables). Bouture et marcottage sont des clones : 100 % identiques à la plante mère.
- Difficulté : semis = facile mais sensible à l’humidité ; bouture = matériel simple mais taux de reprise inégal (30 à 90 %) ; marcottage = très facile, mais long et consommateur d’espace.
Tableau récapitulatif pour plantes courantes
| Plante | Semis | Bouture | Marcottage |
|---|---|---|---|
| Tomate | Facile, 5-8 j | Possible (80 %) | Non adapté |
| Rosier | Long, variable | 60-70 % | 80-90 % (août) |
| Lavande | Lent, 3-4 sem. | 50-60 % (fin été) | 70-80 % (printemps) |
| Fraisier | Rare (stolons) | 90 % (stolons) | 95 % (courant) |
| Hortensia | Rare, lent | 70 % (juin) | 90 % (août) |
| Olivier | Très long | 40-50 % | 70 % (printemps) |
Taux indicatifs en conditions optimales.
Conseils selon ton type de jardin
Jardin ornemental : privilégie bouture et marcottage pour conserver les cultivars (couleur, port, parfum). Le semis est réservé aux annuelles (cosmos, nigelle) ou aux plantes rustiques. Un hortensia ‘Annabelle’ bouturé en juin fleurit dès l’année suivante.
Potager : le semis est roi pour les légumes-racines (carotte, betterave) et les annuelles (salade, courgette). Pour les aromatiques vivaces (romarin, thym), bouture en septembre : 80 % de réussite. Fraisiers et artichauts se multiplient par marcottage naturel (stolons, œilletons).
Verger : le semis sert aux porte-greffes (pommier, poirier) mais donne des fruits décevants. Bouture pour figuier, groseillier, cassissier (60-80 %). Marcottage pour noisetier, ronce sans épines, cognassier : tu obtiens un arbre identique en 1 an.
En pratique
- Tu débutes : commence par le semis de courgettes ou de capucines, puis teste la bouture de menthe dans un verre d’eau (racines en 10 jours).
- Tu veux du clonage rapide : bouture de saule ou de bégonia en 2 semaines.
- Tu as de la place : marcottage de clématite, forsythia ou vigne, sans stress hydrique.
Retiens ce trio : semis pour la diversité et le coût minime (2 à 5 € le sachet), bouture pour l’équilibre vitesse/fidélité, marcottage pour la facilité sur les plantes récalcitrantes. À toi de choisir selon ton objectif, ton temps et ton espace.
En résumé
- Choisis le semis si tu veux un coût faible, de la diversité génétique ou sélectionner une variété, mais accepte un délai et une variabilité par rapport au parent.
- Privilégie boutures ou marcottage pour reproduire à l’identique le pied mère et réduire le coût au substrat et à l’étiquette, en respectant humidité, température et lumière adaptées.
- Planifie tes multiplications selon les délais et taux indiqués : semis de salade en 5 à 10 jours, boutures faciles à 70–90 % en 3 à 6 semaines, marcottage de fraisier 3 à 5 stolons par saison ou chèvrefeuille en 6 à 10 semaines.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre semis, bouture et marcottage ?
Le semis part de la graine et donne un individu génétiquement unique, tandis que la bouture et le marcottage sont des multiplications végétatives qui produisent des clones de la plante mère. Le marcottage laisse la branche attachée jusqu’à l’enracinement, alors que la bouture est un fragment prélevé et mis à enraciner.
Quelle méthode choisir pour multiplier une plante ?
Le choix dépend de l’espèce, du nombre de plants souhaités, du temps disponible et du niveau de fidélité au pied mère. Le semis est privilégié pour la diversité génétique et le coût faible, la bouture pour reproduire à l’identique, le marcottage pour laisser la branche attachée jusqu’à l’enracinement.
Est-ce qu’une bouture donne une plante identique au pied mère ?
Oui : boutures, marcottage, division de touffe ou greffage produisent des clones et conservent le patrimoine génétique à l’identique. Un figuier marcotté donnera exactement les mêmes figues que son pied mère, et un rosier bouturé fleurira dans les mêmes tons.
Combien de temps faut-il pour réussir une bouture ?
Sur des espèces faciles comme le fusain, le sureau ou le géranium, comptez 3 à 6 semaines avec 70 à 90 % de réussite. La menthe réussit à plus de 90 % dans l’eau, le géranium à 80-90 %, le rosier à 50-80 % sous brumisation.
Le semis donne-t-il toujours la même variété que la plante mère ?
Non, chaque semis issu d’une fécondation est un individu génétiquement unique, donc il peut différer du parent. Ressemer une tomate 'Cœur de Bœuf' peut donner des fruits plus petits, plus tardifs ou différemment parfumés.