Préparation du sol et compostage : le guide complet
Publié le 18 juillet 2026 · Mis à jour le 19 octobre 2026 · 18 min de lecture

Prépare ton sol en l'ameublissant sur 20 à 30 cm et en y incorporant du compost mûr, car ces deux gestes agissent ensemble sur la structure et la vie du sol. Vise un compost mature après 6 à 12 mois, avec un rapport C/N de 12 à 15, et apporte-le à 2 à 4 kg/m² tous les un à deux ans au potager. C'est important parce qu'un sol riche en matière organique retient mieux l'eau et nourrit tes plantes.
- Qu’est-ce que la préparation du sol et le compostage ? Définition et importance
- Les différents types de compost pour la préparation du sol
- Critères d’un bon compost : rapport carbone/azote, humidité et aération
- Processus étape par étape : de la préparation du sol à l’incorporation du compost
- Coûts et matériel nécessaire pour la préparation du sol et le compostage
- Le kit de base : l’essentiel avant de dépenser
- Composteur : trois familles, trois budgets
- Les alternatives à zéro euro
- Risques et erreurs fréquentes à éviter
- Réglementation et bonnes pratiques pour le compostage domestique
Qu’est-ce que la préparation du sol et le compostage ? Définition et importance
La préparation du sol et le compostage forment un duo indissociable au jardin. Le premier désigne le travail mécanique et physique que tu appliques à la terre pour l’accueillir : ameublir les mottes sur 20 à 30 cm avec une fourche-bêche ou une grelinette, corriger le drainage en cassant une semelle de labour, et enrichir la couche fertile en incorporant de la matière organique. Le second est le processus biologique qui fabrique cette matière : tes déchets de cuisine et de jardin (épluchures, tontes, feuilles mortes, broyat) sont décomposés par les micro-organismes et les vers pour donner un amendement stable, le compost.
Deux mécanismes qui ne remplacent pas l’un l’autre
Il faut bien comprendre que ces deux gestes agissent sur des plans différents :
- La préparation du sol joue sur la structure : aération, perméabilité, porosité. Un sol compacté à 15 cm de profondeur empêche les racines de descendre et l’eau de s’infiltrer.
- Le compostage joue sur la biologie et la chimie : restitution d’humus, d’azote, de phosphore et de potassium, stimulation de la vie microbienne.
- Leur combinaison dans une même préparation du sol et compostage permet d’obtenir un lit de semence souple tout en reconstituant le stock d’humus.
Pourquoi c’est la base de toute santé végétale
Un sol idéal, c’est environ 45 % de minéraux, 25 % d’eau, 25 % d’air et 5 % de matière organique. Ce dernier pourcentage est le plus fragile et le plus déterminant : c’est lui qui structure le sol en agrégats, retient l’eau et nourrit les plantes. En France, de nombreux sols cultivés descendent sous les 2 % de matière organique, ce qui les rend battants à l’automne et craquelés en été. Un apport régulier de compost mature, à raison de 2 à 4 kg par m² tous les un à deux ans en potager, suffit souvent à remonter ce taux et à retrouver une terre qui s’émiette entre les doigts.
Sol vivant, micro-organismes et compost mature
Un gramme de sol en bonne santé abrite plusieurs centaines de millions de bactéries et plusieurs mètres d’hyphes de champignons. Ces organismes, invisibles à l’œil nu, décomposent la matière organique et libèrent les nutriments sous une forme assimilable par les racines. C’est là que le compost entre en scène : un compost mature, c’est-à-dire arrivé à terme après 6 à 12 mois de maturation, a une odeur de sous-bois, une texture grumeleuse et un rapport carbone/azote stabilisé autour de 12 à 15. C’est à ce stade seulement qu’il nourrit le sol sans le « brûler » : apporter un compost encore chaud, à C/N supérieur à 25, immobilise temporairement l’azote au détriment de tes cultures.
Tu l’as compris : préparer le sol sans compost, c’est remuer une terre qui s’appauvrit ; composter sans travailler le sol, c’est produire un amendement qui reste en surface. Les deux gestes se pensent ensemble, saison après saison, pour construire un sol qui travaille à ta place.
Les différents types de compost pour la préparation du sol
Vert ou brun : la base à maîtriser
En préparation du sol et compostage, tout part du mélange entre matière verte et matière brune. Le compost vert regroupe les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, coquilles d’œuf écrasées) et les tontes fraîches. Il est riche en azote et décompose vite, mais en couche épaisse il devient compact et dégage des odeurs. Étale les tontes en fines couches de 2 à 3 cm et mélange-les au reste plutôt que de les empiler. Le compost brun vient des feuilles mortes, branchages broyés, carton non imprimé et paille. Il apporte le carbone nécessaire à l’équilibre : vise un rapport carbone/azote proche de 25 à 30 pour 1. Sans brun, ton tas chauffe mal ; sans vert, il reste froid et lent.
Froid ou chaud : choisir ton rythme
Le compostage à froid demande peu d’entretien. Tu montes le tas, tu gardes une humidité de 50 à 60 % — comme une éponge essorée — et tu le laisses travailler 6 à 12 mois. C’est la solution la plus simple pour un petit jardin, mais les graines d’adventices et certains pathogènes peuvent survivre.
Le compostage à chaud va plus vite : 2 à 3 mois si tu réunis un volume d’au moins 1 m³, un bon mélange et que tu retournes régulièrement. Le tas monte entre 55 et 70 °C. Pour obtenir ce résultat, retourne-le tous les 3 à 7 jours quand la température redescend, puis tous les 2 à 4 semaines ensuite. Tu gagnes du temps et tu assainis davantage le compost, mais tu dois surveiller l’humidité et l’aération.
En surface ou incorporé : deux usages complémentaires
Le compost en surface, ou mulching, consiste à épandre une couche de 2 à 5 cm de compost mûr autour des plantations. Garde 5 à 10 cm de distance du collet des arbres et arbustes. La pluie et les vers intègrent progressivement le compost au sol. C’est parfait pour protéger la structure, limiter l’évaporation et nourrir la vie du sol sans perturbation.
Le compost incorporé sert plutôt avant une plantation ou un semis. Épands 3 à 5 kg/m², soit environ 2 à 3 cm, puis incorpore-le sur 10 à 15 cm de profondeur avec une griffe ou une bêche. Ne descends pas plus profond : tu risquerais de retourner un sol pauvre en surface et de casser la structure. Utilise toujours un compost mûr, sombre et sans odeur forte ; un compost frais peut brûler les jeunes racines.
Pour résumer, ton choix dépend de ton temps, de ton volume et de ton objectif :
- Petit volume, peu de temps : compostage à froid, puis épandage en surface.
- Volume suffisant, besoin rapide : compostage à chaud, puis incorporation avant plantation.
- Sol tassé ou pauvre : compost mûr incorporé sur 10 à 15 cm.
- Potager ou massif en place : compost mûr en surface, 2 à 5 cm, sans enfouissement.
Le bon réflexe : ne cherche pas un seul type de compost, combine-les selon la saison et ton sol.
Critères d’un bon compost : rapport carbone/azote, humidité et aération
Le rapport carbone/azote : le carburant des micro-organismes
Un compost qui chauffe et se transforme en quelques mois, c’est d’abord une question d’équilibre alimentaire. Les bactéries et champignons qui décomposent tes déchets consomment en moyenne 25 à 30 parts de carbone pour 1 part d’azote : c’est le fameux ratio C/N de 25-30:1. Retiens-le, il explique 90 % des composts qui stagnent.
Concrètement, tu dois alterner deux familles de matières :
- Les « bruns », riches en carbone : paille (C/N de 80 à 100), feuilles mortes (40 à 60), broyat de branches (100 à 150), copeaux et sciure (200 à 500), carton brun découpé (300 à 400). Ils apportent la structure et l’air.
- Les « verts », riches en azote : tontes de gazon fraîches (15 à 20), épluchures et restes de légumes (15 à 25), marc de café (environ 20), orties (10 à 15), fumier de volaille (7 à 10). Ils nourrissent la vie microbienne et accélèrent la montée en température.
En pratique, vise 1 volume de vert pour 2 à 3 volumes de brun, en couches alternées de 5 à 10 cm. Si ton tas reste froid et que rien ne se passe au bout de trois semaines, tu as trop de carbone : ajoute des tontes ou du marc de café. À l’inverse, une odeur piquante d’ammoniaque signale un excès d’azote — l’azote s’échappe en gaz et tu perds le meilleur engrais de ton jardin. Dans ce cas, incorpore du broyat ou de la paille.
L’humidité : le test de la poignée en dix secondes
La cible se situe entre 40 et 60 % d’humidité. Trop sec, les micro-organismes s’arrêtent ; détrempé, le tas s’asphyxie et pourrit.
Le test est simple : prélève une poignée au cœur du tas et serre-la. Un compost correct ressemble à une éponge bien essorée — quelques gouttes perlent, sans ruissellement. Si l’eau coule entre tes doigts, le tas est trop humide : ajoute des bruns secs et retourne. Si la poignée s’effrite, arrose en arrosage fin entre les couches, plutôt que de noyer la surface. En été, un tas exposé au soleil peut perdre son humidité en une semaine : une bâche ou une plaque de carton humidifiée suffit à limiter l’évaporation.
L’oxygène : le geste qui évite les mauvaises odeurs
Un compost sain travaille en aérobie. Privé d’air, il bascule en fermentation anaérobie et dégage cette odeur d’égout ou de chou pourri qui fait abandonner tant de bacs de jardin.
Trois leviers :
- Retourner régulièrement : tous les 2 à 4 semaines, en ramenant le cœur vers l’extérieur. Le premier retournement se fait généralement 2 à 3 semaines après la mise en tas, quand la température redescend.
- Soigner la structure : une couche de branches grossières de 5 à 10 cm au fond du bac, des matières mélangées et non tassées, pas de couche épaisse de tontes seules qui forme une galette imperméable.
- Respecter un volume minimum : environ 1 m³ permet au tas de monter à 55-70 °C au cœur pendant la phase thermophile, température qui hygiénise le compost et détruit une partie des graines d’adventices.
Dans une démarche complète de préparation du sol et compostage, ces trois paramètres se pilotent ensemble : un ratio correct, une humidité à 50 % et un retournement toutes les trois semaines te donnent un compost mûr en 4 à 8 mois, brun, grumeleux, à l’odeur de sous-bois.
Processus étape par étape : de la préparation du sol à l’incorporation du compost
Avant de sortir la bêche, prends le temps de comprendre ce que ton sol a à dire. La préparation du sol et compostage ne s’improvisent pas : chaque étape conditionne la suivante.
Étape 1 : Diagnostiquer ton sol avant tout amendement
Commence par un test de pH avec des bandelettes ou un pH-mètre : la plupart des légumes se plaisent entre 6 et 7. En dessous de 5,5, un chaulage léger de 100 à 150 g/m² de chaux agricole peut corriger l’acidité ; au-dessus de 7,5, préfère des apports de compost mûr et évite la chaux. Pour la texture, remplis un bocal d’un tiers de terre et de deux tiers d’eau, secoue, laisse reposer 24 h : les couches de sable, limon et argile te donnent la proportion. Teste le drainage avec un trou de 30 cm rempli d’eau : moins de 30 min signifie un sol trop filtrant, plus de 2 h un sol lourd et compact. Choisis alors tes amendements : compost mature pour structurer, sable grossier pour alléger une argile, argile bentonite pour retenir l’eau dans un sable.
Étape 2 : Nettoyer et ameublir sans retourner
Arrache les adventices, retire cailloux et débris. Bêche sur 20 à 25 cm, puis griffe sur 5 à 10 cm. Ne retourne pas la terre plus que nécessaire : tu préserves les vers de terre, les champignons et la structure du sol. Un sol trop humide se compacte ; s’il forme une boule qui colle, attends. S’il s’effrite, c’est le bon moment. Garde les grosses mottes en surface, elles seront fractionnées par le gel ou le griffage.
Étape 3 : Monter un tas de compost actif
Alterne des couches de 20 à 30 cm de matières vertes (tontes, épluchures) et brunes (feuilles mortes, broyat) pour viser un rapport carbone/azote de 25 à 30:1. Humidifie jusqu’à 50-60 % : une poignée doit être humide sans goutter. Un tas d’au moins 1 m³ monte en température. Plante un thermomètre à 30-40 cm de profondeur : entre 55 et 65 °C, la phase chaude assainit le tas. Aère en retournant tous les 2 à 4 semaines, en ramenant l’extérieur vers le centre.
Étape 4 : Reconnaître un compost mûr
Compte 3 à 12 mois selon la méthode et la saison. Un compost mûr sent le sous-bois, sa texture est friable et grumeleuse, sa couleur brun foncé. Sa température est redescendue à celle de l’air. Pour confirmer, fais germer quelques graines de cresson dans un peu de compost : une levée normale indique qu’il n’est plus phytotoxique. Un tamisage à 10 mm suffit pour les semis et les mélanges de plantation.
Étape 5 : Incorporer selon les cultures
En surface, épands 2 à 5 cm et griffe légèrement autour des vivaces, arbustes et au potager. En profondeur, incorpore 3 à 5 kg/m² sur 10 à 15 cm avant une culture exigeante comme la tomate ou la courge. Pour un gazon, limite à 1-2 cm. Pour planter un arbre, mélange 1 volume de compost pour 3 volumes de terre extraite. Un compost jeune et frais reste en paillage de surface ; un compost mûr peut être incorporé sans risque.
Coûts et matériel nécessaire pour la préparation du sol et le compostage
Le kit de base : l’essentiel avant de dépenser
Pas besoin d’un atelier complet pour te lancer dans la préparation du sol et le compostage. Quatre outils suffisent pour 90 % des jardins de particulier.
- La bêche : 20 à 40 € pour une bêche à manche en bois ou fibre de verre. Privilégie une lame en acier trempé, plus facile à affûter.
- La fourche à bêcher (4 dents) : 25 à 45 €. Indispensable sur sol lourd ou caillouteux, là où la bêche bloque.
- La griffe : 15 à 30 €. Elle sert à émietter, niveler et incorporer le compost en surface.
- L’arrosoir ou le tuyau : 15 à 25 €. Un sol trop sec ne se travaille pas ; humidifie la veille.
Compte donc 80 à 150 € pour un outillage neuf correct. Si tu chines en brocante ou en jardinerie en fin de saison (septembre-octobre), tu peux diviser la facture par deux. Un mot sur la qualité : un manche en frêne ou en fibre de verre tient 10 à 15 ans, un manche en métal creux rouille et casse en 3 ou 4 saisons.
Composteur : trois familles, trois budgets
C’est le poste où les écarts de prix sont les plus grands, et où le choix compte plus que le montant.
Le composteur en plastique recyclé : 30 à 60 € en jardinerie. Léger, facile à monter, il convient à un jardin de 200 à 400 m². Sa limite : il chauffe peu, donc la montée en température plafonne souvent autour de 45-50 °C au lieu des 60-70 °C d’un bon compost mûr.
Le composteur en bois : 80 à 150 € pour un modèle en douglas ou en pin traité. Meilleure isolation, montée en température plus franche, durée de vie de 8 à 12 ans. Vérifie l’épaisseur des lames (20 mm minimum) et la présence d’un couvercle.
Le composteur rotatif : 100 à 200 €. Pratique si tu as peu de place ou des problèmes de dos, car le brassage se fait à la manivelle. En revanche, sa contenance (150 à 250 litres) le réserve à de petits volumes : tu ne peux pas y traiter les déchets de toute une famille.
À savoir : beaucoup d’intercommunalités subventionnent l’achat d’un composteur individuel, avec des aides de 20 à 50 €, parfois la mise à disposition gratuite. Un appel à ton service déchets avant d’acheter peut te faire économiser la moitié du prix.
Les alternatives à zéro euro
Si le budget est serré, deux solutions gratuites donnent d’excellents résultats.
Le tas en plein air : tu montes trois palettes récupérées en U, tu laisses le fond à même la terre. Coût : 0 €, à condition de récupérer les palettes. Le tas travaille aussi bien qu’un composteur fermé, à ceci près qu’il est plus exposé aux pluies et aux rongeurs — d’où l’intérêt de le couvrir d’une bâche ou de vieux sacs de jute en hiver.
Le broyat de déchetterie : la plupart des déchetteries proposent du broyat de branches gratuitement, souvent limité à 1 ou 2 m³ par passage. C’est un matériau idéal comme structurant carboné dans ton tas, ou en paillage épais (8 à 10 cm) sur tes massifs. Une seule condition : demander la provenance, certains lots issus de haies traitées ou d’espèces résineuses pures se décomposent mal.
Entre le kit d’outils, le composteur et les apports, un budget réaliste se situe donc entre 0 et 200 € selon tes choix. Le reste, c’est du temps et de l’observation.
Risques et erreurs fréquentes à éviter
Même avec la meilleure volonté, la préparation du sol et compostage peut vite déraper si tu négliges quelques paramètres. Voici les erreurs les plus fréquentes, et comment les corriger avant qu’elles ne pénalisent tes plantations.
Humidité : ni détrempé, ni desséché
Un compost trop humide bascule en anaérobie : la décomposition ralentit, des odeurs aigres apparaissent et les larves de mouches, cloportes ou rongeurs s’y installent. Le signe qui ne trompe pas : tu presses une poignée, de l’eau s’écoule. Vise plutôt 50 à 60 % d’humidité, soit l’aspect d’une éponge essorée. Si ton tas est détrempé, incorpore du broyat sec, retourne-le et couvre-le pour éviter la pluie directe. À l’inverse, un compost trop sec (moins de 40 % d’humidité) stoppe net la vie microbienne : les matières restent intactes pendant des mois. Arrose en fines pulvérisations entre les couches, plutôt qu’en surface, et retourne le cœur du tas.
Carbone/azote : l’équilibre qui change tout
Le rapport carbone/azote idéal se situe entre 25 et 30 pour 1. Trop d’azote (tonte fraîche, épluchures en excès, fumier frais) : ton compost sent l’ammoniac, chauffe trop fort et perd de l’azote sous forme gazeuse. Trop de carbone (feuilles mortes, broyat, carton brun) : la décomposition traîne, le tas reste froid et les matières ligneuses s’accumulent. La règle pratique : alterne une couche de déchets verts humides et une couche de déchets bruns secs. Si l’odeur pique le nez, ajoute du broyat et retourne. Si le tas ne bouge pas après trois semaines, apporte une poignée de tonte fraîche ou un peu de compost mûr pour relancer les microbes.
Compost immature : la faim d’azote
Incorporer un compost encore immature est une erreur classique. La matière n’a pas fini de se stabiliser : les micro-organismes continuent de décomposer et pompent l’azote disponible dans le sol. Résultat, tes plantes jaunissent et poussent lentement, comme si elles manquaient d’engrais. Un compost mûr se reconnaît à son odeur de sous-bois, sa texture grumeleuse et sa température ambiante. Compte 4 à 6 mois pour un compost de surface, parfois 8 à 12 mois pour les déchets ligneux. Pour tester rapidement, fais germer des graines de cresson dans un peu de compost humide : si elles lèvent en 5 à 7 jours sans jaunir, tu peux l’utiliser. Sinon, laisse-le finir.
Déchets à ne jamais mettre au compost
Certains déchets toxiques contaminent ton compost et, à terme, ton sol. Évite absolument :
- les agrumes traités aux pesticides de synthèse : les résidus peuvent persister et perturber la vie microbienne ;
- les plantes malades (mildiou, rouille, fusariose) : elles propagent les pathogènes, surtout si le tas ne monte pas en température ;
- la viande, le poisson et les produits laitiers : ils attirent rats, mouches et créent des odeurs fortes ;
- les litières d’animaux traitées, les cendres de charbon et les bois peints ou vernis.
Dans ta préparation du sol et compostage, mieux vaut exclure ces déchets que de devoir rattraper une contamination. Garde ton compost propre, équilibré et mature : c’est la meilleure assurance pour un sol vivant et des plantations vigoureuses.
Réglementation et bonnes pratiques pour le compostage domestique
Depuis le 1er janvier 2024, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) impose le tri à la source des biodéchets à tous les producteurs, particuliers compris. Concrètement, ta collectivité doit te proposer une solution de collecte séparée ou de compostage de proximité. Mais rien ne t’oblige à attendre le bac : composter chez toi est une réponse parfaitement valable, gratuite, et directement utile à ta préparation du sol et compostage de printemps.
Ce que la loi t’impose (et ce qu’elle ne t’impose pas)
- Tri à la source obligatoire depuis le 1er janvier 2024 : tes épluchures, restes de repas et déchets verts ne doivent plus partir dans la poubelle grise.
- Tu peux satisfaire cette obligation en compostant tes biodéchets à domicile, en jardin ou en composteur de balcon. Aucune déclaration en mairie n’est exigée pour un composteur individuel.
- Si tu habites en appartement sans espace extérieur, la collectivité doit te fournir un point d’apport volontaire ou une collecte dédiée. Ce n’est donc pas à toi de te débrouiller seul.
- Pas de seuil de surface ni de nombre de personnes : un simple composteur de 300 à 400 litres suffit pour une famille de quatre.
Les règles locales à vérifier avant d’installer ton composteur
Il n’existe pas de distance nationale unique fixée par la loi pour un composteur de jardin. Ce sont ton règlement sanitaire départemental et les arrêtés municipaux qui s’appliquent. Dans les faits, la plupart des communes demandent :
- 3 à 5 mètres d’une habitation ou d’une limite de propriété, et davantage près d’un puits ou d’un captage ;
- une implantation qui ne crée pas de nuisances : un compost mal conduit (odeurs, moucherons, eaux de ruissellement) peut être qualifié de trouble anormal de voisinage, même sans texte spécifique. En copropriété ou en lotissement, vérifie le règlement intérieur et le cahier des charges : certains imposent l’accord du syndic.
Autre règle à connaître : le brûlage des déchets verts est interdit toute l’année en France, sauf dérogation préfectorale limitée (taille, élagage, en zone rurale sous conditions). L’amende peut atteindre 135 €. Composter tes tontes et feuilles mortes est donc la bonne réponse réglementaire.
Labels et normes : ce qui garantit un compost de qualité
La norme NF U 44-051 encadre les amendements organiques mis sur le marché : composts de déchets verts, fumiers compostés, écorces. Elle fixe des exigences précises :
- teneur minimale en matière organique et en matière sèche ;
- teneurs maximales en impuretés (plastiques, verre, métaux) et en éléments traces métalliques ;
- déclaration des teneurs en azote, phosphore et potassium.
Attention à une confusion fréquente : cette norme ne s’applique pas à ton composteur de jardin. Elle concerne les sacs que tu achètes en jardinerie. Ton compost maison n’a pas besoin d’être certifié, mais tu peux t’inspirer des mêmes critères : matière sèche entre 30 et 50 %, matière organique supérieure à 20 %, absence de plastique visible. Pour un compost acheté, vérifie la mention NF U 44-051 sur le sac : c’est le seul repère fiable face aux allégations marketing.
En résumé
- Ameublis ta terre sur 20 à 30 cm avec une fourche-bêche ou une grelinette, puis incorpore du compost mûr pour reconstituer le stock d'humus sans casser la structure.
- Équilibre ton tas de compost avec un rapport carbone/azote proche de 25 à 30 pour 1 en mélangeant déchets verts et bruns, et garde une humidité de 50 à 60 %.
- Utilise du compost mature, sombre, grumeleux et sans odeur forte : épands-le en surface sur 2 à 5 cm autour des plantations ou incorpore-le sur 10 à 15 cm avant un semis.
Questions fréquentes
Comment préparer ton sol avant une plantation ou un semis ?
Tu dois ameublir la terre sur 20 à 30 cm avec une fourche-bêche ou une grelinette, corriger le drainage si besoin et incorporer de la matière organique. Cette préparation joue sur l’aération, la perméabilité et la porosité du sol.
Pourquoi dois-tu associer préparation du sol et compostage ?
La préparation du sol agit sur la structure, l’aération et la perméabilité, tandis que le compost apporte humus, azote, phosphore, potassium et stimule la vie microbienne. Les deux gestes se complètent au lieu de se remplacer.
À quoi reconnais-tu un compost mature ?
Un compost mature a une odeur de sous-bois, une texture grumeleuse et un rapport carbone/azote stabilisé autour de 12 à 15 après 6 à 12 mois. Tu peux l’utiliser sans risquer de brûler tes cultures.
Combien de compost dois-tu mettre dans ton potager ?
En potager, tu peux apporter 2 à 4 kg par m² de compost mature tous les un à deux ans. Avant une plantation ou un semis, tu peux plutôt en épandre 3 à 5 kg/m² et l’incorporer sur 10 à 15 cm.
Comment équilibrer le vert et le brun dans ton compost ?
Tu dois mélanger les déchets verts riches en azote, comme les épluchures et les tontes, avec les bruns riches en carbone, comme les feuilles mortes, le broyat et la paille. Vise un rapport carbone/azote proche de 25 à 30 pour 1 et étale les tontes en fines couches de 2 à 3 cm.