Serres, châssis et tunnels : le guide complet

Pour démarrer, choisis un châssis froid et un tunnel de forçage pour tester tes cultures, puis investis dans une serre fixe quand tu sais ce que tu veux y cultiver. Ce choix te donne une protection réelle sans surdimensionner ton matériel dès le départ. Choisis toujours le matériau de couverture et l'ossature ensemble, sinon ta serre peut se coucher au premier coup de vent.
- Quels sont les différents types de serres, châssis et tunnels ?
- Quels matériaux choisir pour une serre, un châssis ou un tunnel ?
- Critères de sélection : taille, climat et usage
- Coûts et budget pour une serre, un châssis ou un tunnel
- Réglementation et installation : ce qu’il faut savoir
- Risques et entretien des serres, châssis et tunnels
- Conseils pratiques pour optimiser vos cultures sous abri
Quels sont les différents types de serres, châssis et tunnels ?
Tu as sans doute déjà croisé ces petites structures blanches au fond d’un jardin ouvrier sans savoir laquelle choisir. Faisons le tri, car entre une serre en verre de 6 m² et un tunnel de forçage à 25 €, ce n’est ni le même usage ni le même entretien.
Serres fixes : verre, polycarbonate ou film plastique
Le verre horticole, en 3 ou 4 mm d’épaisseur, reste la référence pour la lumière : il transmet environ 90 % du spectre visible et vieillit très bien, souvent 20 à 30 ans si la structure ne bouge pas. En revanche, il est lourd (environ 2,5 kg/m² en 3 mm), donc il impose une ossature acier ou alu costaud, et il casse. Pour un modèle 6 m², compte plutôt 800 à 1 500 € selon la menuiserie.
Le polycarbonate alvéolaire, en 4, 6 ou 8 mm, pèse trois à cinq fois moins, encaisse la grêle et isole mieux : un 6 mm alvéolaire garde 2 à 3 °C de plus qu’un simple vitrage par nuit claire. Sa limite, c’est la lumière : il filtre 10 à 15 % du rayonnement et jaunit légèrement au bout de 10 à 15 ans. Idéal si tu cultives sous climat venteux ou si tu chauffes un peu.
Le film plastique horticole (150 à 200 microns) est le plus économique : 40 à 120 € pour couvrir un tunnel de 10 m². Mais tu le changes tous les 1 à 3 ans, et il se déchire à la première tempête mal fixée.
Tunnels de forçage : légers et mobiles
Ce sont des arceaux métalliques ou en fibre de verre recouverts d’un film, posés directement sur le sol. Tu les déplaces d’une planche à l’autre en 5 minutes, ce qui permet de faire tourner les cultures. Gain thermique réel : 4 à 6 °C en journée, 2 à 3 °C la nuit, ce qui suffit à avancer une salade ou des radis de 2 à 3 semaines. Parfait pour les semis de carottes, mâche, épinards. Attention à l’aération : au-delà de 25 °C sous le film, tu ouvres les extrémités, sinon tes plants filent.
Châssis froids : la protection basse
Un châssis froid, c’est un caisson de 30 à 40 cm de haut, avec un couvercle vitré ou en polycarbonate, posé sur le sol ou sur une plate-bande. Sans chauffage, il protège les jeunes plants du gel léger et du vent. Tu l’utilises pour endurcir les plants avant repiquage, hiverner des vivaces ou semer tôt. Prévois un système d’ouverture (cale en bois, vérin automatique à 20-30 €) : dès qu’il fait beau, la température monte vite à 30-35 °C à l’intérieur et grille les semis en une matinée.
Serres adossées, tunnels en arceaux et mini-serres d’intérieur
- Serre adossée : un pan incliné contre un mur plein sud. Gain de place, meilleure inertie thermique grâce au mur, et accès facile depuis la maison. Parfait pour tomates et aubergines sur 3 à 5 m².
- Tunnel en arceaux : structure semi-cylindrique de 2 à 4 m de large, souvent en acier galvanisé, couverte de film ou de polycarbonate. C’est le compromis polyvalent pour un potager familial de 10 à 20 m².
- Mini-serre d’intérieur : une étagère à 3 ou 4 niveaux avec housse plastique, 30 à 80 €. Idéale pour les semis de février-mars au chaud, près d’une fenêtre, avant transfert au châssis.
Le bon réflexe : commence par un châssis et un tunnel de forçage pour tester, puis investis dans une serre fixe quand tu sais ce que tu veux y cultiver.
Quels matériaux choisir pour une serre, un châssis ou un tunnel ?
Le matériau de couverture et celui de l’ossature se choisissent ensemble, jamais l’un sans l’autre. Un vitrage de 4 mm posé sur une armature trop légère, et tu retrouves ta serre couchée après le premier coup de vent. Pour les serres, châssis et tunnels, voici ce qui tient réellement la route.
Le verre : la longévité, mais un vrai budget structure
Le verre horticole classique mesure 3 à 4 mm d’épaisseur et laisse passer 88 à 90 % de la lumière, ce qui reste la référence pour les cultures exigeantes (tomates, aubergines, semis précoces). Sa durée de vie dépasse largement 25 à 30 ans, à condition de ne pas le casser avant.
- Verre trempé : bien plus résistant aux chocs et à la grêle, il se fissure en petits morceaux sans danger.
- Verre feuilleté : il tient en place même fêlé, mais coûte nettement plus cher.
- Poids : environ 10 kg/m² pour du 4 mm, soit deux à trois fois plus que le polycarbonate. Ton ossature doit être dimensionnée en conséquence.
- Prix : compte 40 à 80 €/m² selon le type.
- Limite : fragile aux grêlons sur les toits peu pentus, et la pose d’un châssis vitré se fait à deux minimum.
Le polycarbonate alvéolaire : le meilleur compromis
C’est le matériau que je conseille le plus souvent en châssis et en serre de jardin. Les plaques existent en 4, 6, 8, 10 ou 16 mm, pour un poids de 1,2 à 2,5 kg/m² seulement. Une plaque de 6 mm isole environ 30 % mieux que du verre simple : un argument décisif si tu chauffes un peu au printemps. La lumière est diffusée, sans ombres brûlantes sur les jeunes plants.
Sa durée de vie va de 10 à 15 ans avec un film anti-UV correct ; au-delà, il jaunit et perd de la transparence. Compte 15 à 30 €/m². Pense à poser les alvéoles à la verticale pour que la condensation s’écoule, et à laisser un jeu de dilatation de quelques millimètres.
Le film polyéthylène : économique et remplaçable
Imbattable au mètre carré (2 à 5 €/m²), disponible en 150 à 200 microns. En contrepartie, la durée de vie est courte : une à deux saisons pour un film standard, 4 à 5 ans maximum pour un film renforcé traité anti-UV et anti-condensation. Prévois le remplacement, les déchirures au vent et le recyclage en déchèterie. Pour un tunnel, la double paroi gonflable améliore nettement l’isolation.
L’ossature : aluminium, acier galvanisé ou bois
- Aluminium anodisé : léger, inoxydable, 20 à 30 ans de tenue. Il s’associe parfaitement au verre et au polycarbonate, et se monte souvent à clés.
- Acier galvanisé à chaud : très rigide, c’est le roi du tunnel. Vérifie l’épaisseur de galvanisation (60 à 80 µm) et la protection des soudures ; compte 15 à 20 ans.
- Bois : pin traité autoclave classe 4 ou douglas, 10 à 15 ans. Esthétique et facile à fixer, mais il demande une lasure ou une huile tous les 2 à 3 ans. Prévois des sections d’au moins 45 × 70 mm pour un châssis.
Les duos qui fonctionnent : verre + aluminium, polycarbonate + aluminium, film + acier galvanisé, verre + bois pour les serres de charme.
Critères de sélection : taille, climat et usage
Mesure ton terrain avant de choisir
Sors le mètre ruban avant de feuilleter le moindre catalogue de serres, châssis et tunnels. Une règle simple : compte 1 m² utile pour 2 à 3 pieds de tomates, et réserve une allée de 60 à 70 cm entre les planches pour circuler avec un arrosoir. En dessous de 3 m², un châssis suffit ; entre 6 et 12 m², tu entres dans le domaine du tunnel ; au-delà de 15 m², une serre devient vraiment confortable.
L’orientation fait autant que la surface. Pour une serre ou un tunnel, place le faîtage dans l’axe est-ouest : le soleil balaie les deux pans dans la journée et la lumière rentre mieux en hiver. Un châssis, lui, se cale plein sud, légèrement incliné (5 à 10°) pour capter au maximum. Vise 6 heures de soleil direct minimum, évite les pentes supérieures à 2 % et garde tes distances avec les arbres : l’ombre portée représente environ 1,5 à 2 fois la hauteur de l’arbre.
Le climat local ne se devine pas, il se vérifie
Trois paramètres décident de la solidité de la structure.
- Le vent. En bord de mer ou dans un couloir type vallée du Rhône, les rafales à 100-130 km/h ne sont pas rares. Compte un ancrage sérieux (piquets à frapper, platines boulonnées sur dalle) et sache qu’un tunnel de 8 m de long offre une belle prise au vent : les sangles anti-tempête ne sont pas un luxe.
- La neige. La charge au sol va d’environ 45 kg/m² en plaine à plus de 150 kg/m² en montagne. Conséquence directe : des arceaux tous les 1 à 1,5 m au lieu de 2 m, et un faîtage assez pentu pour que la neige glisse.
- Le gel. Un tunnel simple paroi gagne 2 à 4 °C sur l’extérieur, une double paroi gonflable 5 à 6 °C, avec 30 à 40 % d’économie sur le chauffage. C’est ce qui sépare une serre froide d’une serre hors gel.
- L’ensoleillement. Compte 15 à 20 % de la surface en ouvrants pour évacuer la chaleur : une serre fermée monte à 40 °C dès avril et cuit les plants.
Ce que tu veux cultiver commande la structure
- Semis précoces : un châssis de 1 à 2 m² sur couche chaude te fait gagner 4 à 6 semaines sur la pleine terre, pour un budget de 30 à 150 €.
- Cultures d’hiver : mâche, épinards, poireaux, roquette. Une serre froide bien exposée suffit, à condition de semer avant fin septembre.
- Plantes exotiques : agrumes, bananiers, bougainvilliers exigent le hors gel, soit 5 à 10 °C maintenus tout l’hiver. Prévois alors une double paroi, un chauffage dimensionné (souvent 50 à 80 W/m²) et une vraie réflexion sur la facture.
Pense mobilité avant d’acheter
Un châssis déplaçable suit tes rotations de cultures et se remise l’été. Un tunnel monté sur arceaux simples se démonte en une heure à deux, ce qui te permet de le décaler sur une parcelle fatiguée. Côté modularité, prévois dès l’achat : ouvrant de toit, ombrière amovible à 30-50 % d’occultation pour juillet-août, et récupération d’eau de pluie (1 m² de toiture récupère 0,6 à 0,8 L par millimètre de pluie). Ces accessoires coûtent 10 à 20 % du prix de l’abri, mais changent complètement son usage au fil des saisons.
Coûts et budget pour une serre, un châssis ou un tunnel
Combien tu vas réellement sortir selon le modèle
Les écarts de prix sont énormes d’une catégorie à l’autre, et c’est normal : tu ne compares pas les mêmes volumes ni les mêmes matériaux. Voici les fourchettes habituelles.
- Châssis froids : de 30 à 150 €. Un petit châssis en bois d’environ 1 m² se trouve autour de 40-60 € ; la version alu avec polycarbonate alvéolaire double paroi grimpe plutôt vers 100-150 €, mais elle tiendra dix ans sans broncher.
- Tunnels maraîchers : de 50 à 500 €. Un tunnel de 3 × 2 m en film horticole sur arceaux métal démarre vers 50-90 €. Un modèle à armature galvanisée de 6 m de long, avec film renforcé et portes amovibles, tourne autour de 300-500 €.
- Serres : de 200 à 3 000 €. Une serre de balcon en polycarbonate se joue entre 200 et 400 €. Une serre de jardin alu de 6 m² avec polycarbonate alvéolaire 4 mm se situe entre 600 et 900 €. Au-delà de 10 m², en verre trempé 4 mm avec ossature alu renforcée, tu es entre 1 500 et 3 000 €.
Les frais annexes que l’on oublie systématiquement
C’est là que le budget dérape. Prévois 20 à 30 % de plus que le prix affiché.
- Fondations : compte 5-10 € par plot béton, ou 30-60 €/m² pour une dalle coulée. Pour une serre de 10 m², prévois 150 à 400 € si tu dalles. Sur un tunnel film, de simples piquets enfoncés ou des jambes de force suffisent souvent (0 à 60 €).
- Étagères et paillasses : 40 à 150 € pour un ensemble alu correct ; une tablette de travail en bois traité coûte 60-100 €.
- Aération : un vérin à ouverture automatique à cire coûte 25-50 € l’unité, un extracteur solaire 80-150 €. Sur une serre fermée, deux vérins sont le minimum vital.
- Divers : ombrage (toile 40-80 €), goutte-à-goutte (30-70 €), thermomètre mini-maxi (10-20 €), raccord et arrosoir.
Y a-t-il des aides pour une serre de jardin ?
Soyons clairs : pour un particulier sur sa parcelle, il n’existe pas d’aide nationale dédiée. La TVA reste à 20 % et aucun crédit d’impôt ne s’applique. En revanche, trois pistes existent :
- Les collectivités : certaines communes ou communautés de communes subventionnent les jardins partagés, les écoles et les associations à hauteur de 20 à 50 % du matériel. Renseigne-toi à ta mairie et à ton département.
- Les agences de l’eau : plusieurs accordent une aide de 15 à 25 % (souvent plafonnée à 200-300 €) pour un récupérateur d’eau de pluie couplé à un abri de jardin.
- Le volet professionnel : si tu es maraîcher, le PCAE et FranceAgriMer peuvent financer 30 à 40 % d’un tunnel neuf. Compte 2 à 4 mois d’instruction de dossier.
Où placer ton budget pour un bon rapport qualité-prix
Mieux vaut une ossature alu de 6 m² à 700 € garantie 10 ans qu’une serre à 300 € dont le polycarbonate jaunira en trois hivers. Le film horticole se remplace tous les 4-5 ans (50-100 €), le polycarbonate alvéolaire tient 10-15 ans, le verre trempé 20 ans et plus. Sur les serres, châssis et tunnels, privilégie une marque qui publie une garantie écrite sur l’ossature et une fiche de charge neige : c’est le meilleur indicateur de sérieux.
Réglementation et installation : ce qu’il faut savoir
Avant de monter ta serre, ton châssis ou ton tunnel, prends le temps de vérifier les formalités. Un projet bien ancré dans les règles t’évite des démontages coûteux et des discussions inutiles avec la mairie ou ton voisinage.
Les seuils de surface à connaître
En règle générale, et sauf exception locale, une construction nouvelle comprise entre 5 et 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol nécessite une déclaration préalable de travaux en mairie. Au-delà de 20 m², c’est un permis de construire qu’il te faut déposer. En dessous de 5 m², tu es souvent dispensé de formalité, mais vérifie toujours auprès de ton service urbanisme.
Concrètement :
- Un châssis de 2 m² posé au potager : généralement aucune formalité.
- Un tunnel de 15 m² : déclaration préalable, avec un délai d’instruction souvent d’un mois.
- Une serre de 25 m² : permis de construire, comptez plutôt deux à trois mois d’instruction.
Ces seuils concernent les serres, châssis et tunnels de manière assez large. Attention toutefois : en secteur protégé, en zone littorale ou dans un site classé, les règles peuvent être plus strictes. Un simple appel à la mairie avant de commander évite bien des surprises.
Distance et règlement local
La distance par rapport aux limites de propriété n’est pas universelle. Elle est fixée par le plan local d’urbanisme (PLU) ou, à défaut, par les usages et le code de l’urbanisme. Dans beaucoup de communes, on applique une distance de recul de 3 mètres pour une construction, mais ce n’est pas systématique. Un tunnel bas peut parfois être implanté plus près, à condition de respecter le PLU et de ne pas créer de nuisance.
Si ton terrain se trouve dans un lotissement ou une association syndicale libre (ASL), lis le règlement avant tout. Certains imposent une implantation précise, une couleur, une hauteur maximale ou une autorisation préalable du syndic. Ne te fie pas uniquement à la parole d’un voisin : le règlement écrit fait foi.
Un ancrage qui tient face aux intempéries
Une serre, un châssis ou un tunnel, même léger, devient une voile au vent. Pour résister aux bourrasques, oublie la simple pose sur des parpaings. Prévois un ancrage réel :
- Plots béton de 30 cm de côté minimum, coulés dans le sol, avec tiges filetées ou pattes d’ancrage.
- Tiges ou sardines enfoncées de 30 à 40 cm pour les tunnels et châssis, notamment dans un sol meuble.
- Haubans et tendeurs aux extrémités d’un tunnel, espacés tous les 2 à 3 mètres.
- Dalle ou ceinture béton de 10 à 15 cm d’épaisseur pour une serre plus grande.
Vise une résistance au vent d’au moins 100 km/h si ta région connaît des tempêtes. Ajoute des sangles ou des cordes de renfort sur les parties vitrées ou bâchées. Un ancrage bien réalisé protège ta structure, tes cultures et ton budget.
Risques et entretien des serres, châssis et tunnels
Une serre, un châssis ou un tunnel ne créent pas un climat « doux » : ils amplifient tout. Le soleil de midi, le froid de janvier, une rafale de vent ou 15 cm de neige fraîche ont, sous une paroi plastique, des conséquences dix fois plus rapides qu’en pleine terre. Ton rôle n’est donc pas d’intervenir en urgence, mais d’anticiper.
Surchauffe et condensation : les deux extrêmes à surveiller
Sous un tunnel fermé, il n’est pas rare de relever 45 °C à l’intérieur quand il fait 22 °C dehors. Or au-delà de 30 °C, le pollen de tomate devient stérile et tu perds la nouaison : la journée entière de fleurs est fichue en quelques heures. La règle simple : prévois des ouvrants représentant 15 à 20 % de la surface au sol (portes aux deux extrémités, aérations latérales en châssis basculants).
À l’inverse, la condensation du matin est un piège à botrytis. Trois réflexes :
- aérer dès 9 h pour évacuer l’humidité avant que la température ne monte ;
- arroser le matin, jamais le soir ;
- laisser 10 à 15 cm entre les plants et les parois, pour que l’eau ne goutte pas sur le feuillage.
Gel, vent fort et neige : les trois épreuves de l’hiver
Un simple film posé sur arceaux protège de 2 à 4 °C ; une double paroi gonflée d’air gagne 5 à 6 °C ; un châssis vitré, 3 à 5 °C. En dessous de -4 à -5 °C, ce n’est plus suffisant : prévois un voile d’hivernage P17 en doublage ou un petit thermoplongeur horticole (1 kW pour 6 à 10 m²).
Côté vent, un flux de 90 km/h exerce environ 40 kg de pression par m². Vérifie tes ancrages et tes tendeurs à chaque automne, et pense à fermer les ouvrants dès l’annonce d’une tempête. Pour la neige, 10 cm de neige humide pèsent 30 à 40 kg/m² : balaie avec un balai souple avant d’atteindre ce seuil, sans jamais taper sur l’arceau.
Nettoyage des parois et contrôle des joints
Une paroi sale (algues vertes, poussière, calcaire) fait perdre 15 à 25 % de lumière. Un lavage au printemps avec de l’eau tiède et du savon noir suffit. Sur polycarbonate, proscris éponge abrasive, ammoniaque et nettoyeur haute pression : tu retires la couche anti-UV et la plaque jaunit en 2 à 3 ans. Sur verre, eau + vinaigre blanc coupé de moitié.
Les joints, eux, se contrôlent une fois par an : silicone, boudins caoutchouc, rondelles des fixations. Un joint fendu de 1 mm laisse passer l’eau, qui stagne dans le profil et fait pourrir la traverse basse. Remplace-le sans attendre.
Ventilation et ombrage en été
Ouvre tôt le matin et laisse les aérations ouvertes toute la journée ; en canicule, garde même les portes entrebâillées la nuit. Complète avec un filet d’ombrage : 30 % pour les salades, 40 à 50 % pour les tomates, 60 % en zone très chaude. À défaut, un badigeon de blanc d’Espagne sur le verre fait bien le travail.
Réparer un film, remplacer une vitre
- Petits trous (moins de 5 cm) : nettoyer, sécher, puis appliquer un ruban adhésif transparent spécial serre, en double épaisseur croisée.
- Déchirures plus larges : découper un morceau de film, coller sur film propre et sec, puis chauffer légèrement au décapeur pour souder.
- Film à changer : un film horticole de 150 µm tient 2 à 3 ans, un 200 µm thermique anti-goutte 4 à 5 ans.
- Vitre cassée : porte gants et chaussures fermées, évacue les éclats, remplace la vitre horticole de 3 mm (compte 10 à 15 € pour un carreau de 60 × 60 cm), puis refais le mastic ou remets les clips.
Un entretien de deux heures au printemps et une heure à l’automne suffisent à éviter 80 % des mauvaises surprises sur tes serres, châssis et tunnels.
Conseils pratiques pour optimiser vos cultures sous abri
Pour tirer le meilleur de tes serres, châssis et tunnels, ne te contente pas d’abriter : organise. Commence par la rotation. Sur une même planche, ne remets pas une culture de la même famille avant 3 ans. Tomate, aubergine et pomme de terre sont des solanacées ; chou, radis et navet des brassicacées. Note tes planches sur un carnet : tu évites ainsi l’épuisement du sol et tu coupes le cycle des maladies. Les associations bénéfiques aident aussi : basilic près des tomates, œillet d’Inde contre les nématodes, carotte avec oignon ou poireau, salade avec radis. À l’inverse, évite tomate et pomme de terre ensemble, ou fraise et chou.
Arrose juste, au bon endroit
Sous abri, la pluie ne fait pas le travail : tu dois apporter l’eau de façon régulière et localisée. Le goutte-à-goutte est idéal : compte 2 à 4 L/h par goutteur, 20 à 30 minutes le matin selon la saison et le substrat. Tu mouilles la zone racinaire sans humecter le feuillage, ce qui limite mildiou et botrytis. Le paillage complète : 5 à 7 cm de paille, tontes séchées ou copeaux. Il réduit l’évaporation de 30 à 50 % et stabilise la température. Contrôle l’humidité avec un tensiomètre ou le doigt : si la terre s’effrite, arrose ; si elle colle, attends.
Aère avant que la condensation ne s’installe
L’air confiné est ton pire ennemi. Ouvre tôt le matin, referme en fin d’après-midi quand la température baisse. Vise 60 à 70 % d’humidité relative et évite la condensation sur les parois. Un ouvrant automatique à vérin thermique s’ouvre vers 20–25 °C et se referme seul : pratique quand tu es absent. Pour les tunnels, relève les côtés sur 20–30 cm dès que le thermomètre dépasse 25 °C. Espace les plants : 50–60 cm entre tomates, 40 cm entre salades. Un bon passage d’air réduit fortement le risque de maladies cryptogamiques.
Cale tes plantations sur le calendrier
- Hiver : sous serre froide ou châssis, parie sur mâche, épinard, poireau, chou kale et roquette ; ils supportent quelques degrés négatifs.
- Été : tomate, aubergine, poivron, concombre et courgette.
Semis de tomates en février-mars sous abri chauffé ou tunnel, plantation après les dernières gelées. Pour endurcir les plants, passe-les 7 à 10 jours en châssis avant de les mettre en pleine terre. Et note tout : dates, variétés, résultats.
En résumé
- Pars d'un châssis froid et d'un tunnel de forçage mobiles pour protéger tes jeunes plants et avancer tes salades ou radis de 2 à 3 semaines.
- Choisis ta couverture selon ton usage : verre pour la lumière et la longévité, polycarbonate alvéolaire pour l'isolation et la résistance à la grêle, film polyéthylène si tu acceptes de le remplacer souvent.
- Dimensionne ton ossature selon le poids de la couverture et fixe bien l'ensemble, car un vitrage de 4 mm sur une armature trop légère peut coucher ta serre au premier coup de vent.
Questions fréquentes
Quel matériau de couverture choisir pour ta serre de jardin ?
Si tu veux de la lumière sur le long terme, le verre horticole transmet environ 90 % du spectre visible et dure souvent 20 à 30 ans, mais il est lourd et coûte cher. Le polycarbonate alvéolaire pèse moins, encaisse la grêle et isole mieux, tandis que le film plastique est économique mais tu dois le remplacer tous les 1 à 3 ans.
Combien dois-tu compter pour une serre en verre de 6 m² ?
Pour un modèle 6 m², compte plutôt 800 à 1 500 € selon la menuiserie. Le verre seul revient à 40 à 80 €/m² selon le type.
Quelle différence fais-tu entre un tunnel de forçage et un châssis froid ?
Tu déplaces le tunnel de forçage en 5 minutes d'une planche à l'autre, et il apporte 4 à 6 °C en journée et 2 à 3 °C la nuit. Le châssis froid, lui, est un caisson bas de 30 à 40 cm, sans chauffage, qui protège du gel léger et du vent.
Pourquoi dois-tu aérer ton tunnel ou ton châssis quand il fait chaud ?
Au-delà de 25 °C sous le film, tu ouvres les extrémités pour éviter que tes plants filent. Dans un châssis, la température monte vite à 30-35 °C et peut griller tes semis en une matinée, donc prévois une ouverture.
Par quoi commencer si tu débutes au potager ?
Le bon réflexe est de commencer par un châssis et un tunnel de forçage pour tester, puis d'investir dans une serre fixe quand tu sais ce que tu veux y cultiver. Une mini-serre d'intérieur à 30 à 80 € peut aussi servir pour tes semis de février-mars.